Septembre 2010 Le 10ème ANNIVERSAIRE du MONUMENT DE SALAS-ALTAS |
|  | Les retraités de l’union départementale des Hautes Pyrénées Célèbrent Le 10ème ANNIVERSAIRE du MONUMENT DE SALAS-ALTAS Madame le maire de SALAS ALTAS, Madame le maire de LAU-BALAGNAS Monsieur le président national de l’UNPRG Messieurs les colonels BATISTA et VERDUN de la junte nationale de Madrid Monsieur le président de la Hermandad de retirades de s forces armées et de la guardia civil de HUESCA Monsieur le président Régional de L’UNPRG, Monsieur le président des médaillés militaires de la section du Lavedan, Officiers, sous officiers, gradés et gendarmes, de la Guardia civil et de la gendarmerie française, Retraités, Espagnols et français, (je salue au passage UNPRG de la REUNION) Mesdames, mesdemoiselles, messieurs. Permettez-moi tout d'abord de dire aux autorités et personnalités qui nous entourent, ma vive gratitude et mes remerciements chaleureux. Je commencerai mon propos en vous remerciant tous vivement d'être venus si nombreux pour nous faire l'honneur d'être présents à nos cotés aujourd'hui. Les retraités de l’UNPRG des Hautes Pyrénées et leurs homologues espagnols, sont particulièrement sensibles à cette marque d'estime que vous leur témoignez par votre présence. Je voudrai remercier très chaleureusement Madame Imma SUBIAS, maire de SALAS ALTAS qui nous accueille sur ses terres et qui a bien voulu donner son accord pour que cette cérémonie du 10ème anniversaire puisse avoir lieu. Dans mes remerciements, je veux également citer : l Monsieur Henri MARTINEZ, nouveau président national de l’UNPRG, élu au congrès de Lloret Del Mar, montrant par sa présence, à nos cotés aujourd’hui, tout l’intérêt qu’il porte à notre modeste mais actif Cercle des Hautes Pyrénées. l Le colonel Luis FERRERA FERNANDEZ de ARANGUIZ, remarquable organisateur, qui fidèle à son habitude, à tout fait pour que cette réunion se déroule dans les meilleures conditions possibles. l le capitaine, commandant la compagnie de la Guardia civil de BARBASTRO et le Chef d’Escadron André BONZOM, adjoint au commandant de groupement de la gendarmerie des Hautes-Pyrénées ainsi que les deux délégations Espagnole et Française en tenue de tradition qu’ils ont bien voulu mettre à notre disposition , faisant ainsi honneur aux retraités des deux pays l Je veux enfin remercier, Madame le maire de LAU- BALAGNAS qui a bien voulu nous accompagner ainsi qu’une partie de son conseil municipal. En accomplissant ce geste, elle conforte le bien fondé de notre démarche associative ; démarche selon laquelle en partant d’un drame historique bien compris on peut déboucher sur une amitié et sur des échanges entre nos deux pays qui vont au-delà de l’évocation de cet événement militaire, en un mot ce qui hier nous opposait peut aujourd’hui nous réunir. Vous avez devant vous, à coté de moi, deux hommes, à cause desquels nous sommes ici aujourd’hui : le colonel Luis FERRERA et Alfred LEROY, mon prédécesseur. Deux hommes de bonne volonté à qui je voudrai rendre hommage pour le travail remarquable qu’ils ont accompli ensemble et dans le cadre de nos associations respectives, pour faire revivre un épisode tragique de notre histoire commune. Travail concrétisé par l’édification de ce monument du souvenir inauguré le 5 mai 2000, à la gloire de nos anciens (Espagnols et français), morts à quelques encablures d’ici, lors de la bataille de SALAS-ALTAS survenue le 22 janvier 1812. Je suis à la fois heureux et ému d’être là devant vous pour célébrer ce 10ème anniversaire : · Heureux parce en continuant votre œuvre, j’ai le sentiment d’appartenir à un cercle d’hommes de bonne volonté dont la motivation profonde est d’œuvrer pour renforcer l’amitié franco-espagnole par le biais de nos associations respectives. Certes, la portée de notre action reste limitée de part et d’autre du haut massif Pyrénéen qui nous sépare, mais la symbolique est forte au moment ou l’Europe se construit, s’élargit et ou les peuples qui la composent, essaient de se comprendre, non sans mal parfois. Mais bien que modeste, cette démarche s’inscrit dans l’évolution des mentalités et dans la foi en l’Europe qui vous anime. Et cette coopération internationale qu’en tant que retraités vous aviez pressentie c’est réalisée par la suite. En effet, une force de gendarmerie Européenne a été inaugurée à VICENZA (Italie) le 23 janvier 2006 réunissant les forces de gendarmerie françaises et celles des « gendarmeries sœurs » de l'Europe du Sud (Espagne, Portugal, Italie) et des Pays Bas, Ce Traité est maintenant en cours de ratification au sein des Etats membres. La FGE est engagée depuis Novembre 2007 en Bosnie Herzégovine au sein de l’opération ALTHEA de l’Union Européenne. · Heureux encore d’appartenir à ce groupe d’hommes qui a su en toute objectivité, faire ressurgir un épisode à la fois remarquable et dramatique de notre passé commun et contribué ainsi fortement au devoir de mémoire. « Si tu veux marcher vers le futur retourne toujours à tes racines» disait Machiavel · Heureux enfin d’appartenir désormais à cette équipe qui a voulu mettre par écrit il y a déjà 16 ans, au travers d’un protocole, d’accord de jumelage signé le 15 novembre 1994, renouvelé depuis, un certain nombre de résolutions portant des valeurs de fraternité et de respect mutuel en privilégiant les rapports humains et les échanges culturels entre nos deux associations. Encore une fois l’évolution des mentalités vous a donné raison puisque le congrès national de l’UNPRG c’est tenu le mois de mai dernier à Lloret del Mar ; congrès au cours du quel notre président national Henri MARTINEZ, à cosigné un protocole de jumelage avec nos amis retraités de la Guardia civil. C’est précisément dans le cadre de ces échanges qu’un certain nombre d’initiatives ont été prises. Parmi les plus remarquables figure en bonne place celle qui a permis de faire ressurgir du passé cet événement tragique impliquant la gendarmerie Impériale française de l’armée d’Espagne : la bataille de Salas Altas. C’est en effet dans les environs immédiats de l’endroit ou nous sommes Aujourd’hui, que le 22 Janvier 1812 un détachement du 12ème escadron de gendarmerie française a été anéanti par plusieurs bandes de guérilleros espagnols. C’est presque par hasard, en 1998 au cours d’un voyage des retraités français en Espagne que tout a commencé. L’itinéraire de cette visite touristique passe par Salas Altas. Mon prédécesseur Alfred LEROY se souvient alors avoir lu un article paru en 1993 dans la « revue d’études et d’information de la gendarmerie », sous la plume de Raymond DUPLAN, chargé de la conservation du Musée de la gendarmerie à Melun. Dans cet article, relatant un fait d’armes de la guerre d’Espagne, apparaissait le nom de cette localité. Il n’en fallait pas plus pour aiguiser la curiosité de cet homme passionné d’histoire, déterminé à en savoir d’avantage sur cette affaire. D’abord en menant une étude approfondie de la documentation historique en s’appuyant notamment sur le rapport du général Buquet, commandant de la gendarmerie en Espagne, rédigé le 4 mars 1812 à l’attention du maréchal Berthier, major général de l’Armée à Paris. Puis en transmettant ces renseignements au colonel Luis Ferreira, président des retraités espagnols dont l’assiduité dans les recherches et les échanges fréquents dans une ambiance d’amicale complicité avec Alfred LEROY ont permis de déterminer avec exactitude les lieux de la confrontation. Ensuite est venu le temps des propositions d’action destinées aux autorités des deux pays, des autorisations et des échanges administratifs. Le 5 mai 2000, était érigé, sur cette terre d’Aragon, dans ce village de Salas, avec l’accord de la municipalité de l’époque un monument à la gloire de nos anciens Espagnols et français, qui s’affrontèrent et moururent, au cours de cette bataille. Dix ans après, chers amis espagnols, vous nous accueillez de nouveau dans votre commune avec toute la gentillesse et le sens de l’hospitalité qui vous caractérisent. Soyez encore une fois, très chaleureusement remerciée, Madame le maire ainsi que vos conseillers et tous vos administrés. Mais c’est aussi beaucoup d’émotion ressentie lorsque nous évoquons cet épisode de notre histoire commune. En venant pour la première fois dans les environs de HOZ de BARBASTRO, sur les lieux même de la confrontation, en tant qu’ancien militaire et officier de gendarmerie je ne pouvais m’empêcher de penser au courage de ces hommes (français et espagnols) qui se sont affrontés jusqu’a la mort, en ce 22 janvier 1812 en me disant : Qu’aurai-je fait à leur place ? Aurai-je été capable de faire ce qu’ils ont fait ? Aurai-je été capable d’aller jusqu’au sacrifice suprême ? De quoi s’agit-il exactement : Avant d’aller plus loin, il me semble opportun de se replonger dans le contexte de l’époque, mais je serai bref. Suite à l’abdication forcée du roi Ferdinand VII, Joseph BONAPARTE avait été proclamé roi d’Espagne en 1808. Des armées françaises entrèrent aussitôt dans la Péninsule pour imposer ce nouveau roi. Les espagnols refusèrent de le reconnaître comme leur souverain, firent preuve d’un grand patriotisme et n’hésitèrent pas à prendre les armes, contre les vielles troupes de Napoléon pour garder leur indépendance. Mais ne disposant à l’époque que d’une armée formée à la hâte, ils comprirent bien vite qu’ils ne pourraient combattre, en bataille rangée les vainqueurs d’AUSTERLITZ et de FRIEDLAND. Ils se résolurent alors à couvrir le pays de bandes mobiles, capables de se réunir, attaquer et disparaître rapidement. Ces « guérillas » s’en prenaient aux convois peu ou mal escortés, tuant et dispersant les défenseurs et s’emparant du butin. C’est pour contrecarrer ces attaques que fut crée la Gendarmerie de l’Armée d’Espagne organisée au début de 1810 par le général BUQUET, sous la haute direction du Maréchal MONCEY, premier inspecteur général de la gendarmerie. Et c’est précisément lors d’une escorte de convoi que survint le dramatique accrochage, relaté par le Général BUQUET dans son rapport du 4 mars 1812 dont voici quelques extraits rapportés par le major DUPLAN, ancien conservateur du musée de la gendarmerie. Ce jour là le 22 janvier 1812, le chef d’escadrons d’HALMONT, chef du 12ème escadron de gendarmerie et commandant la ville de BARBASTRO, province de HUESCA, est avisé qu’un convoi de 120 bœufs, devant ravitailler les troupes françaises, était en marche par la route de NAVAL. Il croit de sont devoir d’envoyer un détachement au devant de ce convoi afin de le protéger contre une attaque éventuelle. C’est ainsi qu’il fait partir le sous lieutenant PELLETIER à la tête de 54 gendarmes. Ce détachement se compose de 39 gendarmes à pied, d’un tambour et de 13 gendarmes chevau-légers lanciers, ces derniers sont commandés par le brigadier SEUBERT. Après une progression sans incident depuis NAVAL, le détachement français arrive en vue de SALAS, sur le Narcea et remarque 200 cavaliers espagnols aux ordres du chef MALCARADO qui veulent lui barrer le chemin. Aussitôt les 14 lanciers s’élancent contre les guérilleros tandis que les gendarmes à pied vident leurs armes avant de repousser l’ennemi à la baïonnette. A l’issue d’une lutte acharnée de plusieurs minutes, les gendarmes qui vont avoir enfin le dessus, sont sur le point de se dégager. Mais comble de malheur, une nouvelle guérilla de 300 fantassins, commandée par les chefs ZARASA et CANTARERO, dévale à toutes jambes les pentes de la Sierra de Salinas et attaque les nôtres sur le flanc doit et sur les arrières. Malgré le grave péril qui le menace, PELLETIER ne s’avoue pas encore vaincu alors que ses hommes encerclés et submergés de toute part, tombent les uns après les autres. Cependant ils résistent, ils résistent encore, ils résistent toujours. Peut-être espéraient –ils un secours de BARBASTRO… Mais rien. Aucun espoir : les munitions sont épuisées. Les gendarmes tentent alors un suprême effort. Ils veulent à tout prix se frayer un passage à la baïonnette, les derniers survivants succombent alors. Dans cette percée désespérée, seul le brigadier SEUBERT et le gendarme à cheval MENDERFELD parviennent à s’échapper. Le combat inégal à 1 contre 9 est terminé. Quarante deux gendarmes ont été tués, dix grièvement blessés sont faits prisonniers, quinze chevaux sont morts ou capturés. En outre le convoi de 120 bœufs est perdu. Le sous lieutenant PELLETIER qui a reçu une balle dans le col et un coup de sabre sur la tète est ramassé gisant sur le champ de bataille. Le nombre de morts espagnols n’est pas connu de façon certaine ; néanmoins ont peut affirmer qu’ils ont eu au moins une centaine d’hommes hors de combat car leurs nombreux morts et blessés étaient entassés autour du terrain défendu jusqu’à la mort par les gendarmes. D’un coté les gendarmes français du sous lieutenant PELLETIER, ignorant s’ils se battaient à tort ou à raison, n’ayant qu’une idée entête : remplir sans état d’âme la mission d’escorte de convoi qui leur était assignée. De l’autre coté les guérilleros espagnols aux ordres de leurs chefs MALCARADO puis ZARASA et CANTARERO, forts de leur bon droit, défendant leur territoire, leur pays, leur patrie contre l’envahisseur français qui voulait de surcroît leur imposer un roi dont ils ne voulaient pas. Il fallait rendre hommage à ces hommes qui sont allés d’un coté comme de l’autre au bout de leur engagement en combattant pour la plupart, jusqu’au sacrifice suprême ; les uns par fidélité à leur chef, à l’empereur Napoléon qui les avait amenés à travers toute l’Europe, poursuivant sans doute ce vieux rêve de reconstitution de l’empire romain ; les autres pour défendre leur liberté et l’intégrité de leur pays. Vous l’avez fait, mon cher LUIS, avec l’aide de vos amis, de notre ancien président Alfred LEROY et des autorités espagnoles dont monsieur le maire de salas qui a accepté à l’époque ce monument sur son territoire. Mais vous allez plus loin car, le 13 mai 2000, en gravant dans la pierre, la relation rapide de la bataille et l’invitation à se souvenir, vous éveillez la curiosité des passants. Peut être auront-t-il envie d’en savoir plus et seront-ils amenés à s’intéresser au fait historique. Vous contribuez ainsi à l’éducation des plus jeunes. En tout cas, c’est pour moi un moment privilégié que de voir cote à cote, au pied de ce monument, gendarmes français et gardes civils en situation d’activité , anciens gendarmes français, anciens militaires espagnols et français (représentés ici par nos médaillés militaires) et habitants du village réunis pour honorer la mémoire de nos valeureux anciens (français et espagnols), morts en défendant les idéaux de leur patrie, ici, à la bataille de Salas Altas en terre d’Aragon. En nous appuyant sur ce fait historique, nous les anciens de l’union nationale des personnels en retraite de la gendarmerie et nos amis retraités des forces armées espagnoles et de la guardia civile de la délégation de HUESCA, nous avons contribué, par notre action commune à l’accomplissement du devoir de mémoire. Notre récompense fut de voir dans le journal l'essor n°412 d'avril 2009,que la 297ème promotion de MONTLUÇON avait reçu pour nom de baptême celui du gendarme Jean BLONDERON né le 3 avril 1775 à Nevers, affecté au 12ème escadron de Gendarmerie de l'armée d'Espagne et tombé au champ d'honneur à SALAS ALTAS le 22 janvier 1812. Se souvenir, apprendre à se connaître pour mieux se comprendre, telle pourrait être notre devise ; Et cela en dépit de la barrière de la langue et de celle du haut massif qui nous sépare, tel est l‘un des buts de notre jumelage que nous souhaitons poursuivre et développer. C'est aussi notre façon à nous retraités de l’UNPRG d'apporter notre pierre à l'édifice Européen avec un seul souci : la paix entre les peuples. C’est enfin dans cet esprit d’amitié réciproque et d’ouverture entre nos régions frontalières et en dépassant le cadre de la commémoration historique que Madame le maire de LAU-BALAGNAS a décidé de se joindre à nous accompagnée de plusieurs membres de son conseil municipal. Ainsi se noue un premier contact entre nos deux villages pour une meilleure vision de notre histoire commune et très ancienne : celle des Hautes vallées des Pyrénées Françaises et Espagnoles ; Contact qui sera peut être à terme la source d’échanges entre nos deux communautés. Merci beaucoup de votre attention Excellente journée Et vive l’amitié franco-espagnole
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|  | HISTOIRE D’UN JUMELAGE… SON ÉLABORATION… SES PROLONGEMENTS Profitant de leur venue à Lloret De Mardans le cadre de la préparation du congrès 2010, le président national Maurice COME, le premier président adjoint national Michel MACHILLOT et le secrétaire général national Alexis DEREDEC, accompagnés de leurs épouses ont fait escale en ARAGON les 11 et 12 septembre à l’invitation de l’UD/65 et de l’association des retraités espagnols de HUESCA. Après avoir été reçus par les autorités provinciales, civiles et militaires et par le commandant de la garde civile (commandant de groupement) ils se sont transportés à SALAS-ALTAS pour rendre hommage à nos très anciens camarades gendarmes Impériaux tombés au champ d’honneur aux abords de ce village le 22 janvier 1812. Une gerbe à été déposée au pied du monument érigé en mai 2000 à la mémoire des 150 morts de cette bataille (50 gendarmes français et une centaine de maquisards espagnols luttant pour l’indépendance de leur pays). Si cette cérémonie commémorative a pu avoir lieu c’est grâce à un jumelage franco-espagnol initié par l’UD/65 il y a maintenant 15ans. Lorsque le 16 avril 1991, le président de l’UNPRG/65 Alfred LEROY, s’est adressé dans la perspective de la naissance de l’Europe (1er janvier 1993), au colonel commandant la guardia civile de la province de HUESCA (Espagne) limitrophe par delà la chaîne des Pyrénées des Hautes Pyrénées, en vue d’étudier avec lui les possibilités d’un jumelage entre les retraités espagnols et ceux de la gendarmerie française, il ignorait s’il frappait à la bonne porte. Dans sa réponse du 30 avril suivant, le colonel José Fernando ABOS COTTO, lui fait connaître que les retraités de la guardia Civile n’ont pas d'association propre à leur arme mais qu’ils sont regroupés au sein de l’association nationale des vétérans des forces armées et de la garde civile (Hermandad de Vétéranos de las fuezas Armadas) de la province de HUESCA et lui communique l’adresse de cette association. Après de nombreux échanges épistolaires avec le président de la « Hermandad » le colonel MORENO-SAINZ, le projet de jumelage proposé par l'UD/65 voit le jour. Rédigé en français et en espagnol, il est immédiatement approuvé par les retraités de HUESCA et la date de signature fixée au 15 novembre 1994 dans la capitale du haut Aragon. Ce protocole comprend cinq articles principaux : relations sincères et amicales, respect mutuel, abstraction de toutes discussions politiques, partage des joies et des peines, rencontres annuelles, relations et échanges culturels. Le document signé par les deux présidents en présence des membres du bureau de l'UD/65 et d'une forte délégation de vétérans espagnols, a permis de tisser des liens indéfectibles et d'établir durablement entre les deux parties confiance, franchise et sincérité. Depuis, quinze années se sont écoulées et un certain nombre d'échanges ont eu lieu : Le 21 octobre 1996, hommage posthume au colonel MORENO-SAINZ, ancien président de la « Hermandad », au cimetière de HUESCA, condoléances à Madame MORENO et à ses enfants. Une plaque UNPRG a été déposée à cette occasion. Le 12 avril 2002, hommage est rendu, caserne de la guardia civile à HUESCA, au maréchal des logis chef ABADIE-SERE du PGHM de Pierrefitte-Nestalas (65), emporté par une avalanche au cours d'un secours en montagne au profit d'un groupe de jeunes espagnols bloqués par le mauvais temps dans le massif de la Maladeta (Pic d'ANETO en Espagne). En 2003, le colonel FERREIRA FERNANDEZ DE ARANGUIZ et une délégation espagnole ont déposé une plaque sur la tombe du Mdc ABADIE-SERE en présence de sa famille. Un certain nombre d’initiatives ont également été prises de part et d’autre des Pyrénées. Parmi les plus remarquables figure en bonne place celle qui a permis de faire ressurgir du passé un événement tragique impliquant la gendarmerie Impériale de l’armée d’Espagne : la bataille de Salas-Altas. C’est en effet dans les environs de cette localité de 500 habitants (aujourd’hui) située au sud de la ville de Barbastro, dans la province de Huesca que le 22 Janvier 1812 un détachement du 12ème escadron de gendarmerie française a été anéanti par une bande de guérilleros espagnols. Sur les 55 gendarmes que comptait ce détachement, 43 furent tués ; 10 grièvement blessés et faits prisonniers ; 15 chevaux morts ou capturés. Coté espagnol, sur 500 hommes environ, une centaine furent tués ou blessés. C’est en 1998 au cours d’un voyage des retraités de l’UNPRG/65 au delà des Pyrénées que tout a commencé. L’itinéraire de cette visite touristique passe par Salas-Altas. Le président de l'époque, Alfred LEROY se souvient alors avoir lu un article paru en 1993 dans la « revue d’études et d’information de la gendarmerie », sous la plume de l’adjudant chef Raymond DUPLAN, chargé de la conservation du Musée de la gendarmerie à Melun. Dans cet article, relatant un fait d’armes de la guerre d’Espagne, apparaissait le nom de cette localité. Il n’en fallait pas plus pour aiguiser la curiosité de cet homme passionné d’histoire, déterminé à en savoir d’avantage sur cette affaire. Les investigations peuvent alors commencer et le projet prend corps peu à peu. D’abord par une étude approfondie de la documentation historique notamment en s’appuyant sur le rapport du général Buquet, commandant de la gendarmerie en Espagne, rédigé le 4 mars 1812 à l’attention du maréchal Berthier, major général de l’Armée à Paris. Puis en transmettant ces renseignements au colonel Luis Ferreira, président de la Hermandad dont l’assiduité dans les recherches et les échanges fréquents dans une ambiance d’amicale complicité avec Alfred LEROY ont permis de déterminer avec exactitude les lieux de la confrontation. Le 20 novembre 1999, un séminaire réunissant des historiens Espagnols, un officier du Service Historique de la gendarmerie et de nombreux auditeurs s'est tenu à la mairie de SALAS-ALTAS. Ensuite est venu le temps des propositions d’action destinées aux autorités des deux pays, des autorisations et des échanges administratifs internationaux. Le 13 mai 2000 est enfin inauguré un monument rappelant l’héroïsme des combattants des deux camps. Il porte deux inscriptions gravées dans la pierre : l’une en français, l’autre en espagnol : « Le 22 janvier 1812 en ces lieux, gendarmes français et guérilleros espagnols, combattaient et mouraient. Passant, ayez une pensée pour eux. » Le 10 septembre 2005 à Lourdes, le protocole de jumelage a été pérennisé par le colonel FERREIRA FERNANDEZ DE ARANGUIZ et le président de l’UD/65 en présence de Monsieur ARTIGUANAVE, maire de Lourdes et du colonel, commandant le groupement de gendarmerie départementale des Hautes Pyrénées. Le 13 septembre 2006, lors de la prise de fonction du nouveau président de l'UD/65, une délégation a été très chaleureusement accueillie par Madame le maire de Salas Altas qui avait, pour la circonstance, invité les habitants du village et les enfants des écoles à venir à la rencontre des retraités français. C’est un auditoire extrêmement attentif qui a écouté les explications du colonel FEIRREIRA sur les circonstances de la bataille, les forces en présence, les armes utilisées par les belligérants, etc. Après avoir gentiment répondu à un feu nourri de questions et signé le livre d’or, les deux délégations (française et espagnole) se sont rendues en compagnie de madame le maire et des habitants du village au pied du monument pour un hommage aux valeureux combattants des deux camps. Ce fut un moment d’intense émotion que de voir cote à cote, au pied de ce monument, anciens gendarmes français, anciens militaires espagnols et habitants du village réunis pour honorer la mémoire de nos valeureux anciens (français et espagnols), morts en défendant les idéaux de leur patrie, ici, à la bataille de Salas Altas en terre d’Aragon. En s’appuyant sur ce fait historique, les anciens de l'UNPRG des Hautes Pyrénées ont fait leur devoir de mémoire, même si au regard de l'histoire, cette bataille n'est considérée que comme une échauffourée, une péripétie de la guerre d'Espagne au cours de laquelle sont morts quand même cent cinquante hommes ; cinquante gendarmes français en accomplissant fidèlement leur mission et cent guérilleros espagnols en défendant leur terre. Le 11 septembre 2009, répondant à l'invitation du président de l'UD 65 et du colonel FERREIRA et profitant de la préparation du congrès de 2010 à Lloret de Mar, le président national Maurice COME, le premier président adjoint national Michel MACHILLOT et le secrétaire général national Alexis DEREDEC , ont fait une brève escale en ARAGON . A cette occasion, ils ont été reçus en compagnie des retraités de la délégation du département des Hautes Pyrénées, par Monsieur le sénateur maire de HUESCA, par Monsieur le subdélégué du gouvernement pour la province (préfet de région), par le colonel chef de la subdélégation de défense et par le colonel, commandant la guardia civile (commandant de groupement). Le 12 septembre 2009, après avoir été accueillis par les membres du conseil municipal de SALAS-ALTAS, les délégations françaises et espagnoles avec leurs drapeaux accompagnées par de nombreux habitants se sont transportées devant le monument situé en bordure du village afin de commémorer le sacrifice de nos très anciens camarades. Après avoir écouté la relation de la bataille par le colonel Luis FERREIRA, le président national Maurice COME et Madame Inmaculada SUBIAS maire de la localité ont déposé une gerbe au pied du monument en hommage aux valeureux gendarmes français et combattants espagnols morts ici le 22 janvier 1812.Une minute de silence a été observée à cette occasion. Je voudrai, ici, remercier chaleureusement notre président national Maurice COME, le premier président adjoint national Michel MACHILLOT et le secrétaire général national Alexis DEREDEC pour ce geste de reconnaissance et de solidarité qu’ils ont accompli à l'égard du petit cercle de l'UD/ 65 en venant à SALAS-ALTAS. Mais c'est aussi et surtout un hommage national rendu à notre président honoraire, Alfred LEROY aujourd'hui âgé de 82 ans et qui sans compter ni son temps ni sa peine a initié puis porté ce projet à bout de bras depuis 18 ans. Faire triompher la solidarité que porte notre association au-delà des montagnes (au sens propre comme au figuré) et la partager avec nos frères vétérans espagnols, tel était son seul but et le moteur de sa motivation. La chose n’était pas facile notamment à cause de la barrière de la langue mais aussi en raison des coutumes des mentalités et des traditions propres à chaque pays. Mais l’évolution des mentalités et sa foi en l’Europe qui avait motivé sa démarche initiale, lui ont donné raison. En effet, une force de gendarmerie Européenne a été inaugurée à VICENZA (Italie) le 23 janvier 2006 en présence notamment des cinq ministres de la défense. La cérémonie de signature par les cinq ministres de la Défense du traité instituant une Force de Gendarmerie Européenne s’est tenue le 18 Octobre 2007 à Velsen (Pays Bas). Ce Traité est maintenant en cours de ratification au sein des Etats membres. La FGE est engagée depuis Novembre 2007 en Bosnie Herzégovine au sein de l’opération ALTHEA de l’Union Européenne. Ce que la volonté politique a fait pour réunir les forces de gendarmerie françaises et celles des « gendarmeries sœurs » de l'Europe du Sud (Espagne, Portugal, Italie) et des Pays Bas, pourquoi les retraités ne le feraient-il pas ? L'UNPRG a relevé le défi aux congrès des ISSAMBRES en mai 2008 en mettant à l'ordre du jour l'idée de faire le congrès 2010 à Lloret de Mar et d'y consacrer une journée à nos amis retraités espagnols. Enfin des initiatives encourageantes voient le jour ici ou là et nous confortent dans notre désir et notre volonté de porter et d’accomplir notre devoir de mémoire. Ainsi dans le journal l'essor n°412 d'avril 2009, notre camarade J.DEMOULIN de l'UD/ 58 relate la cérémonie du baptême de la 297ème promotion de MONTLUÇON qui a reçu le nom du gendarme Jean BLONDERON né le 3 avril 1775 à Nevers, affecté au 12ème escadron de Gendarmerie de l'armée d'Espagne et tombé au champ d'honneur à SALAS ALTAS le 22 janvier 1812. Le 16 mai 2009 à GAP un protocole, a été signé entre Michel FILLAUD de l'UD/05 et l'association nationale (section de PINEROLO) des carabiniers Italiens représentée par Monsieur MEINER Maurizio. Mais ces cas ne sont pas limitatifs, car d’autres initiatives frontalières sont en cours de concrétisation ou existent déjà. En 2010 nous fêterons, conjointement avec nos camarades espagnols le dixième anniversaire de l’inauguration du monument de SALAS-ALTAS. Se souvenir, apprendre à se connaître pour mieux se comprendre en dépit de la barrière de la langue et de celle des hauts massifs Pyrénéens, Alpins ou au delà d'autres frontières qui nous séparent de nos voisins, tel est l‘un des buts de ces jumelages que nous souhaitons poursuivre et développer . C'est aussi notre façon à nous retraités de l’UNPRG d'apporter notre pierre à l'édifice Européen avec un seul souci : la paix entre les peuples. |
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