Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
L’Union nationale des personnels et retraités de la Gendarmerie (UNPRG) souhaite attirer votre attention sur une évolution particulièrement préoccupante de notre société : la multiplication des violences collectives, des atteintes à l’ordre public et des agressions visant les représentants de l’autorité de l’État.
Depuis plusieurs années, et plus particulièrement à l’occasion de manifestations festives, sportives ou revendicatives, notre pays est confronté à des scènes de violence devenues récurrentes. Dégradations de biens publics et privés, pillages, incendies volontaires, affrontements avec les forces de l’ordre, tirs de mortiers d’artifice contre les policiers, les gendarmes et les sapeurs-pompiers : ces actes ne relèvent plus du simple débordement mais d’une remise en cause assumée de l’autorité républicaine.
Plus préoccupant encore, les agressions contre les forces de sécurité sont commises avec une audace croissante. Certains auteurs agissent à visage découvert, revendiquent leurs actes sur les réseaux sociaux et semblent convaincus que le risque de sanction demeure limité. Cette banalisation de la violence nourrit un sentiment d’impunité qui fragilise l’État de droit.
Parallèlement, notre pays connaît une recrudescence de rassemblements illégaux, notamment sous la forme de rave-parties sauvages organisées sans autorisation sur des terrains publics ou privés. Ces manifestations entraînent fréquemment des occupations illicites de propriétés, des nuisances sonores importantes pour les riverains, des atteintes à l’environnement, ainsi qu’une consommation excessive d’alcool et l’usage de stupéfiants. Les élus locaux, les propriétaires concernés et les forces de l’ordre se trouvent souvent confrontés à des situations complexes dont les conséquences pèsent lourdement sur les territoires.
Ces phénomènes traduisent une réalité plus profonde : le recul du respect de la règle commune et la contestation grandissante de l’autorité légitime de l’État.
Cette inquiétude est aujourd’hui largement partagée par nos concitoyens. Les enquêtes d’opinion réalisées par l’IFOP montrent qu’une majorité de Français considère que la violence progresse dans notre pays et que l’autorité publique rencontre des difficultés croissantes à faire respecter les règles qui fondent la vie en société. Cette perception ne saurait être ignorée. Elle traduit une attente forte : celle d’un État capable d’assurer pleinement ses missions régaliennes et de garantir la sécurité de tous.
Une exigence de justice lisible, rapide et protectrice des citoyens
Au-delà des atteintes à l’ordre public, de nombreux citoyens expriment une incompréhension croissante face au fonctionnement de la chaîne pénale et à certaines réponses judiciaires perçues comme insuffisamment dissuasives ou difficilement lisibles au regard de la gravité des faits commis.
Dans les situations de violences graves, notamment celles visant les forces de l’ordre ou impliquant des troubles collectifs majeurs, une partie de l’opinion publique se dit choquée par des décisions judiciaires jugées trop lentes ou insuffisamment exécutées. Sans préjuger des décisions rendues ni des contraintes propres à l’institution judiciaire, ces perceptions alimentent un sentiment de fragilisation de la réponse pénale.
L’UNPRG rappelle que l’efficacité de la chaîne régalienne repose sur sa cohérence globale : intervention, enquête, jugement et exécution des peines. Toute rupture dans cet enchaînement fragilise la confiance des citoyens et contribue à un sentiment d’impunité.
Une exigence renforcée de protection des victimes et de la protection de l’enfance
De nombreux Français expriment également une inquiétude particulièrement vive concernant le traitement judiciaire de certaines plaintes, notamment celles relatives aux atteintes à l’intégrité physique ou psychologique des mineurs.
Dans ce domaine, la Nation attend une protection absolue et immédiate. Or, une partie de l’opinion publique fait état d’un sentiment de lenteur ou d’incompréhension face à certaines réponses judiciaires, ce qui fragilise la confiance dans la capacité de l’État à protéger les plus vulnérables.
Sans préjuger des procédures en cours, ni des décisions rendues, il apparaît essentiel de rappeler que la protection de l’enfance constitue un impératif républicain majeur. Chaque signalement doit pouvoir bénéficier d’un traitement rapide, rigoureux et pleinement coordonné, dans le respect des droits fondamentaux et de la présomption d’innocence.
La crédibilité de la justice repose aussi sur sa capacité à garantir que les situations les plus graves font l’objet d’une attention prioritaire et d’une réponse exemplaire.
Les attentes à l’égard de la représentation nationale
L’UNPRG ne demande ni de nouvelles exceptions juridiques ni de restrictions aux libertés publiques. Elle demande que les lois de la République, votées par le Parlement, soient pleinement appliquées et que les moyens nécessaires soient donnés à ceux qui en assurent l’exécution.
Nous appelons la représentation nationale à poursuivre son action en faveur :
•du renforcement de la protection des forces de l’ordre et des services de secours ;
•de la lutte contre l’utilisation détournée des mortiers d’artifice à des fins de violence ; •de la prévention et de la répression des rassemblements illégaux portant atteinte à l’ordre public ;
•de l’exécution effective des décisions judiciaires ;
•de la protection renforcée des victimes, en particulier des mineurs ;
•du rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national.
La sécurité n’est ni une opinion ni une option politique. Elle constitue l’une des premières libertés du citoyen et une mission fondamentale de l’État.
Les femmes et les hommes de la Gendarmerie nationale, de la police nationale, des polices municipales et des services de secours accomplissent quotidiennement leur mission avec courage, professionnalisme et sens du devoir. Ils méritent le soutien sans ambiguïté de la Nation.
Lorsqu’une large majorité de Français exprime sa préoccupation face à la montée des violences, à la banalisation des comportements délinquants et aux difficultés perçues de la réponse judiciaire, il s’agit d’un signal que la représentation nationale ne peut ignorer.
Au nom des générations de gendarmes d’active et retraités que nous représentons, nous vous demandons solennellement de veiller à ce que la République dispose des moyens nécessaires pour faire respecter ses lois, protéger ses citoyens et soutenir ceux qui la servent.
Parce qu’il ne peut y avoir de liberté sans sécurité, ni de sécurité sans respect de la loi.
Nous vous prions d’agréer, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, l’expression de notre haute considération républicaine.
Le Président national de l’UNPRG Daniel GONFROY, Au nom du conseil d’administration national et des adhérents de l’Union nationale des personnels et retraités de la Gendarmerie