Mesdames et Messieurs, Chères adhérentes, chers adhérents, Chères lectrices, chers lecteurs,

À la suite de ma réélection au poste de président national de notre belle association, Jean‑Christophe Vaillant m’a transmis un questionnaire « interview » destiné à la rédaction d’un article, publié dans le n° 78 du magazine La Voix du Gendarme de juillet/août 2026.

Espérant qu’une diffusion plus large de cet entretien, bien au‑delà du cercle de nos adhérents, puisse inciter celles et ceux qui partagent nos valeurs à nous rejoindre, j’ai demandé à Malika, notre secrétaire administrative, de mettre ce document en ligne sur notre site.

Je vous invite donc à assurer la plus large diffusion possible de ce questionnaire, auquel j’ai répondu de manière simple, directe, sans faux‑fuyants et en toute sincérité. Pour celles et ceux qui en ont déjà pris connaissance dans le magazine, il est probable que vous trouverez cette version plus longue et légèrement différente. Je dirais que ce texte est « brut de décoffrage », tandis que celui publié par Jean‑Christophe a été remanié, avec mon accord bien évidemment, afin d’en proposer une version plus journalistique.

En vous souhaitant une excellente lecture, Je vous adresse toute mon amitié.

Daniel GONFROY

Président National

01 48 75 78 41
06 70 31 15 85





« La Voix du Gendarme »

Réélection et état d’esprit

Vous venez d’être réélu à la présidence de l’UNPRG. Quel est votre premier sentiment aujourd’hui ?

Une réélection, c’est finalement comme une première élection. Elle fait naître immédiatement, non pas un  mais deux sentiments essentiels : L’Honneur et la Fierté.

L’honneur, d’abord, de se voir à nouveau confier les rênes de la première association militaire au niveau national.

La Fierté, ensuite, celle que procure la confiance renouvelée et la reconnaissance de ses pairs, et celle de pouvoir, poursuivre, consolider et amplifier la ligne d’action tracée lors du premier mandat.

Que signifie pour vous cette confiance renouvelée des adhérents et des administrateurs ?

Le renouvellement de la confiance des adhérents, et plus encore de la majorité des administrateurs, puisqu’ils sont les seuls habilités à élire le président national, constitue un signe clair de réussite. Réussite dans les priorités fixées pour les actions menées, et réussite dans les orientations tracées pour l’avenir

Avec le recul de votre premier mandat depuis 2024, de quoi êtes-vous le plus fier ?

Depuis le début de mon premier mandat de président national, entamé fin mai 2024, je me suis attaché à renforcer les liens avec nos partenaires et à en développer de nouveaux.

De quoi suis‑je le plus fier ? Par principe, la fierté n’est pas un sentiment que je cultive. Je parlerais plutôt de la satisfaction du devoir accompli. Je me dirai donc satisfait d’avoir consolidé notre volet social, en permettant à un plus grand nombre d’adhérents d’accéder au secours. Satisfait également d’avoir établi des relations plus étroites avec la CNG, des liens qui doivent, à terme, nous permettre de mieux identifier celles et ceux qui ont besoin de nous et de mieux représenter et défendre l’ensemble de nos adhérents sur tout le territoire national, y compris dans les outre‑mer.

Je ressens aussi cette satisfaction du devoir accompli lorsque je réponds favorablement à la Fondation Maison de la Gendarmerie, qui m’a sollicité pour exercer les fonctions de trésorier puis de trésorier adjoint. Cela démontre qu’un partenariat ne se résume pas à une signature au bas d’une page : il repose sur un engagement mutuel, concret et durable.

Bilan du mandat précédent

Quels ont été, selon vous, les principaux chantiers menés ces deux dernières années ?

Comme je viens de le rappeler, les principaux chantiers menés au cours de ce mandat se sont articulés autour de trois axes majeurs :

Le renforcement de notre action sociale, afin de soutenir davantage d’adhérents et de répondre plus efficacement aux situations de détresse.

Le renforcement des liens avec nos différents partenaires, dans une logique de confiance, de présence et d’engagement réciproque.

La recherche et l’intégration de nouveaux partenaires, comme la Banque Française Mutualiste (BFM), afin d’élargir notre réseau d’appui et de mieux accompagner nos adhérents.

Y a-t-il un dossier que vous auriez aimé faire avancer davantage ?

Oui, dans le cadre du soutien que l’UNPRG doit aux personnels en activité de service, nous aurions sans doute dû être plus incisifs dans nos écrits à l’égard des décideurs. Notre rôle est de rappeler avec constance et détermination que l’amélioration des conditions de vie et de travail des gendarmes d’active n’est pas une option, mais une nécessité. Qu’il s’agisse du logement, de la simplification des   procédures ou du soutien indispensable aux gendarmes du terrain, nous devons porter ces exigences avec davantage de force, de clarté et de persévérance, afin que les réalités du quotidien opérationnel soient pleinement entendues et prises en compte.

Comment l’UNPRG a-t-elle évolué depuis votre arrivée à la présidence ?

Je ne sais pas s’il m’appartient de répondre à cette question. Ce que j’espère, c’est que l’image de notre association a évolué dans le bon sens.

Ce que je sais en revanche, c’est que je me suis attaché à lui donner davantage de visibilité, non seulement auprès de nos partenaires, mais aussi auprès des acteurs institutionnels. Pour cela, je m’efforce de répondre à un maximum d’invitations et, lorsque je suis indisponible, je veille autant que possible à me faire représenter.

Cette stratégie semble porter ses fruits. En effet, le représentant de la DGGN a cité l’UNPRG comme un partenaire fiable de la Direction générale lors de son intervention à la cérémonie de clôture de l’Assemblée générale d’Unéo. Lorsque je l’ai remercié d’avoir mentionné notre association, il m’a répondu : « C’est normal, l’UNPRG est toujours présente. »

Les priorités du nouveau mandat

Quelles seront vos trois priorités pour ce nouveau mandat ?

S’il ne faut retenir que trois priorités pour ce nouveau mandat, je n’en retiendrais que les suivantes :

Le développement de la commission Prospective.

Sa création a été actée par les congressistes, et je sais pouvoir compter sur Jean‑Jacques Tamboise, vice‑président et président de cette commission, qui a accompli un travail remarquable en posant des bases solides et une méthode claire. Comme je l’ai souligné dans mon rapport moral, trop de sujets d’importance restent aujourd’hui en suspens. Il est indispensable que nos préoccupations, nos constats et nos alertes soient portés à la connaissance des décideurs institutionnels et politiques, afin que la voix de l’UNPRG soit pleinement entendue et prise en compte.

La définition du cadre de mission confié à Marc Rollang.

Avec l’aval du congrès, Marc s’est vu confier une mission essentielle pour la visibilité et l’influence de notre Union. Nous en avons déjà échangé ensemble, et je lui adresserai prochainement une lettre de mission formalisant les objectifs et les modalités de son action. Comme chacun a pu le constater, Marc n’a pas perdu de temps : dans   chacune de ses interventions radiophoniques ou télévisées, il est désormais présenté comme porte‑parole de l’Union Nationale des Personnels et Retraités de la Gendarmerie, ce qui contribue fortement à renforcer notre présence dans l’espace public.

Le renforcement de notre action sociale.

Nous devons rester vigilants et déterminés dans la défense des plus fragiles et des plus démunis. Notre action sociale est au cœur de notre identité, mais elle a un coût, et nos moyens ne sont pas illimités. Il nous faudra donc poursuivre nos efforts pour identifier de nouveaux partenaires et sponsors, afin de garantir la pérennité et l’efficacité de notre soutien à celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Le monde associatif fait face à un vieillissement des adhérents. Comment attirer de nouveaux membres, notamment les plus jeunes retraités de la gendarmerie ?

Le nécessaire renouvellement de nos effectifs ?

Oui, effectivement, nos adhérents vieillissent. Nous avons un besoin urgent de recruter, non seulement parmi les militaires en activité de service, mais également auprès des jeunes retraités. Il faut recruter, certes, mais pas à n’importe quel prix : nos futurs adhérents doivent partager nos valeurs associatives et ne pas être simplement attirés par les avantages du « Club – Gendarme Avantages ».

C’est précisément le travail que s’est fixé Jean Even en prenant la présidence de la commission « Recrutement ». Mais pour réussir pleinement sa mission, Jean doit pouvoir compter sur le soutien de tous, et en particulier sur l’implication de l’ensemble des administrateurs départementaux. Le recrutement est l’affaire de chacun, car c’est collectivement que nous assurerons l’avenir et la vitalité de notre Union.

Comment comptez-vous renforcer la proximité avec les unions départementales ?

La proximité avec les unions départementales, qui s’est indéniablement renforcée ces dernières années, doit continuer à se développer. Elle exige une écoute permanente, une disponibilité réelle et une attention particulière aux difficultés qu’une UD peut rencontrer. Il nous appartient, à nous membres du conseil d’administration national, de répondre à cette attente légitime et d’accompagner les UD dans la résolution de leurs problématiques.

Didier Daniel, désormais 2ᵉ président national adjoint, s’est pleinement attelé à cette mission qu’il exerce avec brio. C’est vers lui que les UD doivent faire remonter leurs doléances, leurs interrogations ou leurs besoins. Et c’est au président que je suis de le soutenir dans son action, en lui donnant les moyens nécessaires pour y répondre efficacement et dans les meilleurs délais.

Les 80 ans de l’UNPRG

Ce congrès marque aussi les 80 ans de l’UNPRG. Que représente cet anniversaire pour vous ?

Fêter les 80 ans de l’UNPRG, c’est d’abord accomplir un devoir de mémoire. C’est honorer celui sans qui rien n’aurait été possible, celui grâce à qui notre Union existe et a pu devenir ce qu’elle est aujourd’hui.

C’est également l’occasion de faire connaître à l’ensemble de nos adhérents, et notamment aux plus jeunes, les dossiers majeurs traités par nos aînés, ainsi que les acquis obtenus au fil des décennies, souvent au prix de combats acharnés. Notre histoire associative est riche, exigeante, et profondément marquée par l’engagement de générations successives.

Fêter les 80 ans, c’est aussi rendre hommage à tous nos adhérents : à ceux qui nous font confiance aujourd’hui, mais également à ces milliers d’adhérents disparus au cours de ces huit décennies et qui ont contribué, chacun à leur manière, à bâtir l’UNPRG.

C’est dans cet état d’esprit que, sous l’impulsion de Daniel Delorme, notre trésorier général national, nous avons conjointement élaboré l’opuscule des 80 ans. Distribué en version papier à tous les congressistes, il sera également mis à la disposition de nos adhérents en version dématérialisée sur notre site internet. Cet ouvrage constitue un témoignage précieux, un lien entre les générations et un rappel de ce que nous devons à celles et ceux qui nous ont précédés.

Selon vous, qu’est-ce qui fait encore aujourd’hui la force et la singularité de l’UNPRG ?

 

Une association véritablement singulière

Si vous me dites que l’UNPRG est singulière, je vous réponds évidemment oui.

Singulière, parce qu’elle est la première association militaire de France et, de facto, la première association du monde gendarmique, avec des effectifs qui approchent aujourd’hui les 29 000 adhérents.

Singulière, parce qu’elle a ouvert ses portes non seulement aux retraités, aux veuves et aux orphelins, mais également à nos camarades d’active ainsi qu’aux membres sympathisants qui partagent nos valeurs.

Singulière, enfin, parce qu’elle ne se contente pas de réunir des ressortissants de la Gendarmerie. Elle est là pour :

Soutenir et défendre leurs intérêts, leurs droits et leurs acquis.

Développer le lien intergénérationnel, indispensable à la cohésion de notre communauté.

Renforcer son action sociale, au profit de tous ses membres, et maintenir une solidarité active envers tous ses ressortissants.

Entretenir et transmettre le devoir de mémoire, pilier de notre identité.

Représenter ses adhérents dans de nombreuses structures nationales : le CSFM, le COMAC, le Pôle des retraités de la fonction publique.

À ma connaissance, aucune autre association ne présente un éventail d’actions aussi large, aussi structuré et aussi cohérent. Et à cela s’ajoutent toutes les réunions de convivialité organisées par les unions départementales, moments essentiels qui nourrissent l’esprit de cohésion et renforcent le sentiment d’appartenance.

L’UNPRG de 2026 est-elle la même qu’il y a 20 ou 30 ans ?

Préserver l’esprit Cousteix tout en s’adaptant à la société d’aujourd’hui

Dans ses principes fondamentaux et dans les valeurs associatives qu’elle défend, l’UNPRG est restée la même et doit rester la même. L’esprit Cousteix doit demeurer, car il constitue le socle moral et historique de notre Union.

Toutefois, il est évident que, pour survivre et continuer à jouer pleinement son rôle, l’UNPRG doit s’adapter à l’évolution de la société. Le gendarme d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier ; il en va de même pour les retraités. Les attentes, les modes de vie, les parcours professionnels et les besoins ont profondément changé.

Le recrutement en est un exemple particulièrement révélateur : soit l’UNPRG s’adapte au nouveau profil de ses futurs ressortissants, soit elle sera, à plus ou moins long terme, en voie d’extinction. C’est une réalité que nous devons regarder en face. C’est une question de survie, mais aussi une obligation morale envers notre fondateur, Jean Cousteix, qui a bâti cette Union pour qu’elle vive, évolue et continue de défendre les siens.

Les sujets de fond

Quel regard portez-vous sur la situation actuelle des retraités de la gendarmerie ?

La situation actuelle des retraités varie sensiblement selon la tranche d’âge à laquelle ils appartiennent. Pour nos anciens, la situation financière est souvent plus délicate : leurs pensions ont été peu, voire pas réévaluées à plusieurs reprises, et leurs épouses perçoivent bien souvent une retraite dérisoire, conséquence d’une vie consacrée à accompagner la carrière de leur mari plutôt qu’à exercer une activité professionnelle.

Pour les nouveaux retraités, la situation s’améliore légèrement grâce à la mise en place, en 2005, de la retraite complémentaire. Cette rente mensuelle, dénommée Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (RAFP), ne produira toutefois pleinement ses effets qu’en fin de carrière des personnels entrés en gendarmerie à partir de 2005. Autrement dit, son impact réel ne sera véritablement perceptible qu’à long terme.

Y a-t-il aujourd’hui des inquiétudes particulières chez les anciens gendarmes ?

Les inquiétudes légitimes de nos anciens

Comme une grande majorité de nos concitoyens, les anciens de l’Arme sont aujourd’hui confrontés à de nombreux sujets d’inquiétude.

En premier lieu, comme tout bon Français, les retraités sont particulièrement sensibles à la perte de pouvoir d’achat, qui s’est fortement accentuée avec l’augmentation exponentielle du prix des carburants. Cette situation est d’autant plus difficile qu’ils appartiennent, comme souvent, à une catégorie sociale qui ne peut prétendre à aucun « coup de pouce » gouvernemental. Il faut également rappeler que cette hausse pénalise directement les bénévoles associatifs, qui parcourent chaque année des centaines, parfois des milliers de kilomètres pour faire vivre nos unions départementales et maintenir le lien avec nos adhérents.

La situation géopolitique internationale, marquée par un risque réel d’embrasement mondial, constitue une autre source majeure de préoccupation. Mais en tant qu’anciens gendarmes, une inquiétude plus profonde encore les touche : la montée en puissance d’une délinquance toujours plus violente et toujours plus jeune.

Ils s’alarment surtout de cette violence qui s’installe dans le quotidien, qui semble se banaliser, et qui touche désormais indistinctement villes, campagnes et territoires autrefois préservés. Cette évolution, qu’ils observent avec lucidité et expérience, nourrit un sentiment d’incompréhension et parfois d’impuissance face à une société qui change trop vite et pas toujours dans le bon sens.

Quel doit être le rôle de l’UNPRG dans les débats concernant les pensions, le pouvoir d’achat ou la protection sociale ?

Porter la voix des retraités : une mission essentielle de l’UNPRG

Dans les débats relatifs aux pensions, au pouvoir d’achat et à la protection sociale, l’UNPRG a pour rôle fondamental de porter à la connaissance du pouvoir exécutif les inquiétudes, les attentes et les revendications de ses adhérents.

C’est ce que nous faisons régulièrement par l’intermédiaire de plusieurs instances où nous sommes représentés :

– le Pôle des retraités de la fonction publique,

– le Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM),

– le Comité d’action des anciens militaires et marins de carrière (COMAC),

et, jusqu’à cette année encore, le Conseil permanent des retraités militaires (CPRM), instance aujourd’hui en voie de dissolution sur décision du Premier ministre.

Soucieux d’aller plus loin encore dans ce domaine, l’UNPRG vient de se doter d’une commission Prospective, dont la création a été validée par le congrès. Cette commission nous permettra d’identifier, d’analyser et de hiérarchiser l’ensemble des sujets majeurs intéressant nos ressortissants, afin de saisir directement nos dirigeants et de défendre, avec force et clarté, les intérêts de ceux que nous représentons.

Relations avec l’institution

Comment qualifieriez-vous aujourd’hui les relations entre l’UNPRG et la gendarmerie nationale ?

Des relations globalement solides avec la Gendarmerie nationale ?

Dans leur ensemble, les relations entre l’UNPRG et la Gendarmerie nationale sont bonnes, franches et cordiales. L’image que renvoie l’UNPRG est d’ailleurs plutôt bien perçue au niveau de la Direction générale. Le fait d’être une association signataire de la Charte Gendarmerie constitue un atout majeur : cela ouvre plus facilement les portes et facilite les échanges avec les autorités Gendarmerie.

Toutefois, il est vrai que, dans certains départements, nous rencontrons des difficultés relationnelles entre retraités et actifs. Il ne s’agit pas réellement de mauvaises relations, mais plutôt d’une forme d’indifférence de l’actif vis‑à‑vis du retraité. Ces situations sont souvent liées à la personnalité des commandants d’unité ou des cadres locaux, ce qui explique que les relations puissent fluctuer au gré des mutations.

Un petit bémol, malheureusement de plus en plus fréquent, mérite d’être souligné : l’absence de réponse. Absence de réponse aux invitations adressées par les unions départementales aux commandants d’unité lors de nos assemblées générales ou de nos cérémonies. Absence de réponse également à nos demandes de piquet d’honneur, et ce malgré plusieurs relances.

Ce manque de considération, même s’il ne reflète pas l’état général de nos relations, demeure regrettable et ne contribue ni à la cohésion ni au respect mutuel entre générations de gendarmes.

La mémoire, la solidarité

L’UNPRG est aussi une grande chaîne de solidarité. Quels dispositifs souhaitez-vous renforcer ?

L’UNPRG est, et doit demeurer, une véritable chaîne de solidarité au service de l’ensemble de ses ressortissants, mais aussi un soutien indéfectible envers nos camarades d’active victimes du devoir. Cette mission, qui fonde notre identité et donne tout son sens à notre engagement, exige des moyens à la hauteur des besoins.

C’est pourquoi il nous appartient de renforcer notre appel au mécénat. En effet, chacun le sait : le nerf de la guerre reste, inévitablement, les finances. Pour continuer à accompagner, soutenir et agir avec efficacité, nous devons élargir notre réseau de partenaires et mobiliser de nouveaux mécènes prêts à s’associer à notre action.

Avec Daniel Delorme, trésorier national, et Marc Montigaud, président de la commission sociale, nous prendrons donc notre bâton de pèlerin afin d’aller à la rencontre de celles et ceux qui, par leur générosité et leur sens du devoir, accepteront de contribuer à cette grande chaîne de solidarité.

Comment mieux accompagner les veuves, les blessés, les camarades isolés ou en difficulté ?

Pour être en mesure d’accompagner les veuves, ainsi que tout ressortissant isolé ou en difficulté, la commission sociale s’appuie sur les unions départementales, véritables relais de proximité. Le président départemental en est la cheville ouvrière : avec son conseil d’administration, il est celui qui connaît le mieux ses adhérents, leurs parcours, leurs fragilités, leurs besoins. C’est donc lui qui est le plus à même de nous signaler les situations dignes d’intérêt, ainsi que le degré d’urgence qui peut s’y attacher. Dans de nombreux départements, cette procédure a déjà démontré toute son efficacité. À nous désormais de sensibiliser l’ensemble de nos   échelons locaux, afin que nous puissions identifier et accompagner toutes celles et ceux qui ont besoin de nous, mais qui, trop souvent encore, restent dans l’ombre.

La transmission des valeurs de la gendarmerie reste-t-elle un combat essentiel ?

Oui, les valeurs de la Gendarmerie restent pour l’UNPRG un combat essentiel. Cette exigence n’est pas seulement morale : elle est sanctuarisée dans l’article 4 de nos statuts nationaux, qui rappelle le socle sur lequel repose notre engagement collectif.

Il ne serait tout simplement pas concevable qu’une communauté comme la nôtre puisse un jour occulter les valeurs qui ont guidé chacun d’entre nous tout au long de notre carrière. Ces valeurs, honneur, devoir, probité, solidarité, ne sont pas des souvenirs : elles sont notre identité, notre légitimité, notre raison d’être.

Le jour où l’UNPRG ne se reconnaîtra plus dans les valeurs de l’institution que nous avons tous servie avec honneur, ses missions perdront immédiatement leur sens. Notre force, notre crédibilité et notre utilité reposent précisément sur cette fidélité sans faille à l’esprit de la Gendarmerie.

Questions plus personnelles / humaines

Qu’est-ce qui vous motive encore à 73 ans à poursuivre cet engagement exigeant ?

Qu’est‑ce qui peut motiver un engagement associatif exigeant à 73 ans ? Sans hésiter, je répondrais : exactement les mêmes raisons qu’à 59 ans, lorsque j’ai accepté la présidence de l’union départementale du Bas‑Rhin. À l’époque déjà, j’avais cette envie profonde de participer activement à la vie de l’association à laquelle j’avais choisi d’adhérer.

Adhérer, c’est bien. Mais s’investir au profit d’une communauté que l’on connaît, avec laquelle on a partagé 37 années, c’est‑à‑dire presque toute une vie professionnelle, me semble tout simplement logique. On ne tourne pas la page d’une telle histoire. On la poursuit autrement, avec la même fidélité, la même énergie, et le même sens du devoir.

Quel regard votre famille porte-t-elle sur cet engagement associatif ?

La famille porte généralement un regard favorable sur mon engagement associatif, et j’y vois d’ailleurs une belle manière de montrer aux plus jeunes l’importance de défendre le lien intergénérationnel et de leur transmettre le devoir de mémoire.

Mais il faut être honnête : lorsqu’on est retraité, un engagement aussi prenant peut parfois devenir lourd, et il réduit inévitablement la disponibilité que l’on peut consacrer aux siens. La première à en subir les conséquences, c’est mon épouse, Annick, qui préférerait parfois me savoir au jardin plutôt que dans un TGV.

Deux ans de présidence, ce sont tout de même plus de 24 allers‑retours à Nogent‑sur‑Marne environ une soixantaine nuitées passées à l’extérieur. Ce n’est pas particulièrement agréable pour la conjointe, mais, vu sous l’angle associatif, c’est un mal nécessaire pour faire avancer les dossiers, représenter l’UNPRG et défendre nos valeurs.

Heureusement, sur ce plan, j’ai une épouse exceptionnelle. Dès qu’elle le peut, elle m’accompagne, n’hésite pas à participer si besoin, et revient souvent ravie d’avoir pu échanger avec de belles personnes. Son soutien, sa patience et sa présence sont pour moi un atout précieux et une force au quotidien.

Que diriez-vous à un gendarme retraité qui hésite encore à adhérer à l’UNPRG ?

Je lui dirais tout simplement :

Je comprends ton hésitation, mais adhérer à l’UNPRG, c’est avant tout rester connecté à une communauté qui partage ton histoire, tes valeurs et ton parcours. Nous ne sommes pas une association comme les autres : nous sommes la première association militaire de France, reconnue, écoutée, et engagée depuis 1946 pour défendre les droits, les acquis et la dignité des actifs, des gendarmes retraités, des veuves, des orphelins et des personnels fragilisés.

Adhérer, c’est :

Ne pas rompre le lien avec l’institution que tu as servie.

Être représenté dans les instances nationales où se décident les sujets qui nous concernent.

Bénéficier d’un réseau de solidarité unique, capable d’aider quand la vie devient plus difficile.

Soutenir le devoir de mémoire et les valeurs qui ont guidé toute ta carrière.

Participer ou non, selon tes envies : rien n’est obligatoire, mais tout est possible.

En résumé : si tu veux rester acteur, utile, entouré et représenté, l’UNPRG est ta maison.

Question de conclusion

Comment aimeriez-vous que l’on résume votre mandat lorsqu’il prendra fin ?

Je souhaiterais que l’on retienne de mon mandat qu’il a été placé sous le signe de la fidélité aux valeurs de la Gendarmerie, de la solidarité active et du service rendu à nos adhérents. J’ai voulu renforcer les liens avec nos partenaires, moderniser notre fonctionnement, soutenir davantage les veuves, les ressortissants isolés et les camarades en difficulté, et redonner toute sa place à l’action sociale.

J’aimerais que l’on dise que j’ai exercé cette responsabilité avec rigueur, loyauté, proximité et humanité, en veillant toujours à préserver l’unité       de notre communauté et à défendre l’esprit qui nous a accompagnés tout au long de notre carrière.