Désindexation des pensions : l’inquiétude monte chez les retraités de la Gendarmerie

À quelques semaines de la présentation du projet de budget pour 2027, une nouvelle piste d’économies suscite l’inquiétude et la colère des retraités : la possible désindexation, ou sous-indexation, des pensions les plus élevées.

Selon des informations publiées ces derniers jours, Bercy étudie actuellement une « hypothèse de travail » visant à limiter la revalorisation de certaines retraites. La piste évoquée concernerait notamment les pensions supérieures à 3 000 euros. Le gouvernement chercherait ainsi à contenir la progression des dépenses de retraite, qui pourrait atteindre plusieurs milliards d’euros en 2027.

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a lui-même reconnu réfléchir à la question de l’indexation sur l’inflation. Une déclaration qui ne peut qu’alimenter les interrogations des retraités, alors que le pouvoir d’achat demeure une préoccupation majeure.

L’UNPRG dénonce une nouvelle fois la tentation de faire payer les retraités

Pour l’Union nationale des personnels et retraités de la Gendarmerie (UNPRG), cette perspective est particulièrement préoccupante. L’organisation déplore une nouvelle fois que, dans la recherche d’économies budgétaires, les retraités puissent devenir une variable d’ajustement.

Cette inquiétude n’est pas nouvelle. En 2024, l’UNPRG avait déjà porté une motion demandant que les pensions soient réellement protégées contre l’érosion du pouvoir d’achat provoquée par l’inflation. Une question avait d’ailleurs été posée au gouvernement à la demande de l’organisation. Dans sa réponse publiée en mars 2026, le gouvernement rappelait que les pensions avaient été revalorisées de 5,3 % en 2024 puis de 2,2 % en 2025.

Mais derrière les pourcentages se trouve une réalité vécue quotidiennement par de nombreux retraités : lorsque les prix progressent, une revalorisation différée ou réduite entraîne mécaniquement une perte de pouvoir d’achat.

Une mesure qui ne serait pas sans conséquences pour les anciens gendarmes

La question est particulièrement sensible pour les anciens personnels de la Gendarmerie nationale. Les statistiques du Service des retraites de l’État montrent qu’en 2025, la moitié des pensions militaires de droit direct des gendarmes étaient inférieures à 2 571 euros, tandis que le neuvième décile s’établissait à 3 317 euros.

Autrement dit, le seuil de 3 000 euros évoqué dans les réflexions de Bercy n’est pas sans conséquence pour les retraités militaires : une partie significative des anciens gendarmes pourrait être concernée par une mesure ciblant les pensions les plus élevées.

Il convient également de rappeler que les pensions civiles et militaires sont soumises à des règles d’indexation spécifiques. Les travaux administratifs récents ont d’ailleurs étudié différents scénarios concernant la sous-indexation ou la désindexation des pensions, y compris les pensions civiles et militaires.

« Une pension n’est pas un privilège »

Pour les organisations représentatives des retraités, le débat ne peut pas se limiter à une simple équation comptable.

Une pension de retraite est la contrepartie d’une carrière professionnelle et de cotisations versées pendant des décennies. Pour les militaires et les gendarmes, elle correspond également à des parcours professionnels marqués par les contraintes du métier, la disponibilité, les mutations, les sujétions particulières et, parfois, l’exposition au risque.

La question posée est donc simple : jusqu’où peut-on demander des efforts aux retraités sans remettre en cause le pouvoir d’achat qu’ils ont acquis au terme de leur carrière ?

Le débat budgétaire devra nécessairement prendre en compte cette dimension sociale et humaine.

L’indexation : un principe à défendre

Les pensions de retraite de base sont actuellement revalorisées selon une règle liée à l’évolution de l’inflation. Pour 2026, elles ont ainsi été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier.

Remettre en cause ce mécanisme, même pour les seules pensions les plus élevées, ouvrirait donc un nouveau débat sur l’équité entre retraités.

L’UNPRG entend rappeler que les retraités ne peuvent être considérés comme une simple variable d’ajustement budgétaire. Après avoir consacré une grande partie de leur vie professionnelle au service de la Nation, les anciens gendarmes sont en droit d’attendre que leur pension leur permette de conserver un niveau de vie décent face à l’augmentation du coût de la vie.

Le rendez-vous du budget 2027 sera déterminant

À ce stade, il ne s’agit encore que d’une hypothèse de travail et non d’une décision définitive. Le débat parlementaire permettra de connaître les mesures finalement retenues par le gouvernement.

Mais une chose est certaine : le sujet de l’indexation des retraites sera au cœur des discussions budgétaires.

Pour l’UNPRG, le message reste clair : les retraités ne doivent pas être les premiers appelés à financer les difficultés budgétaires de l’État.

La solidarité nationale ne peut fonctionner durablement que si les efforts sont équitablement répartis. Les retraités de la Gendarmerie attendent désormais des actes, et non une nouvelle diminution progressive de leur pouvoir d’achat.

La Voix du Gendarme suivra attentivement les débats consacrés au budget 2027 et aux mesures susceptibles d’affecter les pensions des retraités militaires.

Chroniqueur la voix du gendarme

Jean-François Stephan

Commission Communication UNPRG