Le 20 août 2026 à 10h30, s’est déroulé à l’école de Gendarmerie de Montluçon, la cérémonie de sortie de la 456ème promotion « Brigadier Brugnon Nicolas-Henry », 11ème compagnie commandée par le capitaine Sébastien Loire. Elle était présidée par le général Michaël Di Méo, commandant l’école, en présence du sous-préfet de Montluçon Laurent Alaton, , de la lieutenante-colonelle Carole Schmidt, commandant en second le groupement de l’Allier, de Hadjab Salah conseiller délégué aux anciens combattants représentant le maire de Montluçon, de l’aumonier militaire de Lyon, du commandant de compagnie de Montluçon, de 9 porte-drapeaux, les cadres officiers et sous-officier de l’école, des présidents d’associations et les familles. La cérémonie militaire était sous les ordres du colonel Christophe Gaultier, chef de la formation d’instruction d l’école.

Cette cérémonie a comporté trois temps forts. La remise de la décoration Légion d’Honneur au lieutenant-colonel Olivier Riobé par le général Di-Méo commandant l’école. Le récipiendaire est en retraite depuis le 1er août 2026 après 36 ans de service. Il a terminé à l’école comme responsable d la division d’instruction. Puis la prise de commandant de la 11ème compagnie d’instruction par le capitaine Sébastien Loire, affecté à l’école depuis le 1er août 2026 et enfin la cérémonie de découverte des galons de la 456ème promotion Brigadier Brugon Nicolas.

A l’issue, un hommage a été rendu au parrain de la promotion par un récit de sa carrière :
« « « « L’ère napoléonienne est marquée par de nouvelles tendances en matière de stratégie militaire. Les batailles, désormais à plus grande échelle, sont impressionnantes. Le fusil est largement normalisé au sein des infanteries de lignes, l’artillerie devient une pièce maîtresse et la cavalerie persiste comme le fer de lance dans les batailles. Cette dernière, dont les charges meurtrières brisent le moral et percent les lignes, est la spécialisation de notre parrain.
Nicolas henry brugnon, fait ses débuts au sein du 10e régiment de dragons, attaché à l’armée du Rhin-et-Moselle. C’est en l’an 1800 qu’il intègre les sous-officiers de la gendarmerie au sein de la cavalerie régulière. La gendarmerie, fraîchement remaniée depuis la réforme du 17 avril 1798, prend des fonctions de force de combat constituée, tout en préservant sa qualité d’unité prévôtale.
En 1803, le brigadier Brugnon intègre la gendarmerie d’élite à cheval, une force à part entière de la garde impériale de Napoléon 1er. Cette dernière est en pleine conception, prévue pour être une force de choc grâce à des soldats expérimentés et très entraînés. L’histoire nous apprendra qu’elle aura fait ses preuves en étant la troupe la plus crainte d’Europe, et ce, jusqu’à Waterloo.
Jusqu’en 1807, la gendarmerie d’élite de la garde impériale est aux côtés de l’empereur dans ses campagnes. Elle a pour mission d’assurer ses déplacements et d’empêcher des tentatives d’assassinat.
Mais une fois sur le champ de bataille, la gendarmerie d’élite prend part au combat, tout comme les grognards de la garde. En voici un récit.
Le 2 décembre 1805, sous les bruits de tambour, raisonnant dans la pleine d’Austerlitz, les grenadiers de l’empire marchent vers le plateau de Pratzen. Les Autrichiens, en supériorité sur la colline, s’enfoncent dans un piège mortel du général Soult. Du même temps, le général russe Bagration tente de colmater l’aile droite des troupes autrichiennes, dont le général Lannes s’apprêtent à briser. L’état-major russe, à l’aide de sa garde impériale, pense pulvériser le dispositif nord des Français. C’est sans compter la contre-offensive de la garde impériale ordonnée par l’empereur. Celle-ci mobilise, plusieurs régiments de cavalerie, le bataillon d’artillerie de la garde et la cavalerie de la garde, y compris les deux escadrons de la gendarmerie d’élite. Cette force de frappe vient contrer brutalement l’attaque des Russes. Elle supplante les autres décisions tactiques, apportant une prestigieuse victoire à la grande armée.
Ce récit fait partie des faits d’armes dont la garde impériale s’est illustrée comme force ultime de choc.
Le brigadier Brugnon a participé aux 9 campagnes de Napoléon. Dont celle d’Autriche, d’Allemagne et de Russie de 1807. Durant celle-ci, il participe aux victorieuses batailles de la grande armée dont Ulm (1805), Austerlitz (1805), Iéna (1806), Eylau (1807) ou encore Friedland (1807). Cette dernière marque la fin de la quatrième coalition, dont la réédition de l’empire russe.
Nous ne pouvons pas, ne pas citer la charge historique de la bataille d’Eylau dans laquelle 12 000 cavaliers de toute la grande armée, sont rassemblés par le maréchal Murat pour briser l’armée russe en son centre le plus puissant. Les pertes russes sont lourdes, forçant la retraite. Cette charge spectaculaire est un autre fait d’arme de la cavalerie de la garde qui témoigne de la brutalité de ces batailles. Cela même que notre parrain a vécu, dans les conditions extrêmes que sont les campagnes.
Mais un an plus tard, l’Espagne se soulève contre l’occupation française. Appuyés par un soutien logistique britannique, des insurrections éclatent dans la péninsule ibérique. Napoléon fait dépêcher des contingents, dont une partie de sa garde impériale, sous le commandement du général Bessières. La gendarmerie d’élite reçoit des missions équivalentes à la doctrine du maintien de l’ordre sur différentes positions. À la surprise de l’état-major français, les Espagnols parviennent à organiser des unités constituées. Plusieurs batailles en formations rangées ont lieu au nord de l’Espagne.
C’est un 14 juillet 1808, à quelques kilomètres au nord de Valladolid, à Médina d’El Rio Seco, que 13 000 Français dont 2 781 gardes impériaux affrontent une force de 22 000 Espagnols.
Un escadron de 107 gendarmes d’élite à cheval participe à la bataille en tant que réserve. Le général Lassalle mobilise cet escadron pour agrémenter sa force de frappe. Il est réputé pour être un général audacieux et zélé, dont la popularité est grande au sein de l’empire. Avec plus d’un millier de cavaliers, il monte de puissantes charges contre les lignes espagnoles. La cavalerie française fonce comme une boule de feu sur les fusils ennemis. Leurs salves ne suffisent pas à faire arrêter la puissante vague. Pourtant c’est dans ces charges que le brigadier Brugnon trouve la mort. Les sources nous permettent d’attester qu’il est mort au champ d’honneur, à travers un des actes les plus héroïques.» » » » »

Le 18 août 2026 à 17 heures 30, s’est déroulé la cérémonie de remise des prix aux EG de la 456ème promotion. Après la partie protocolaire de remise des diplômes aux dix premiers par le colonel Christophe Gaultier commandant en second l’école , le président de l’UNPRG 03M après son propos sur l’UNPRG, a remis à l’élève gendarme Stanislas Femenia, major de la promotion, la plaquette d’honneur UNPRG, et aux 10 premiers classés dont au président de la promotion et à la première féminine, classée 13ème, l’abonnement d’un an gratuit du journal numérique La Voix du Gendarme avec les remerciements de son directeur.
Le président a adressé ses félicitations à l’ensemble de la 11ème compagnie, promotion « Brigadier Brugnon Nicolas-Henry » en leur souhaitant bonne adaptation dans leur affectation respective
Bernard Deligny président UD 03 Montluçon-Moulins