Un drame de la route qui aurait dû être évité remet en lumière le danger mortel de l’utilisation des écrans au volant, en particulier chez les conducteurs de poids lourds. Face à ce constat révoltant, l’UNPRG hausse le ton et réclame une révision stricte de la législation.

L’affaire tranchée récemment par le tribunal correctionnel d’Évreux résonne comme un douloureux rappel des risques majeurs auxquels sont exposés quotidiennement les militaires de la Gendarmerie nationale et les intervenants sur les voies rapides.

Un drame causé par l’inconscience

Les faits remontent à la nuit du 22 octobre 2022, sur l’autoroute A13. Alors que des militaires procèdent à l’interpellation de suspects dans le cadre d’une opération judiciaire, un poids lourd frigorifique de 44 tonnes vient percuter de plein fouet le dispositif de sécurité pourtant largement signalé en amont (balisage, véhicule de patrouille avec flèche lumineuse, gyrophares).

Le bilan est tragique :

  • L’adjudant Jean-Christophe, 44 ans et père de quatre enfants, est tué sur le coup.
  • Plusieurs gendarmes et intervenants sont grièvement blessés, dont l’un des militaires qui a dû subir une amputation de la jambe et se déplace aujourd’hui en fauteuil roulant.

L’enquête et les expertises numériques ont révélé une réalité terrifiante : le chauffeur routier circulait à 94 km/h sans avoir effectué le moindre freinage, car il visionnait une série télévisée sur une tablette posée sur son tableau de bord au moment de l’impact.

La réaction de l’UNPRG : Il faut agir sur la loi et les sanctions

Face à cette peine de cinq ans de prison dont quatre avec sursis — un jugement perçu avec une vive émotion et une incompréhension légitime par la communauté de la Gendarmerie —, l’Union Nationale des Personnels et Retraités de la Gendarmerie (UNPRG) monte au créneau.

Pour l’association, ce drame n’est pas un simple accident de la circulation, mais le résultat d’une prise de risque délibérée qui doit être réprimée avec la plus grande sévérité.

L’UNPRG formule ainsi des demandes claires et fermes auprès des pouvoirs publics :

  1. Durcissement des sanctions pénales : Requalification renforcée des infractions d’homicide involontaire lorsque l’usage avéré d’outils de communication ou de visionnage (smartphones, tablettes, écrans distractifs) est en cause, afin de garantir des peines de prison ferme dissuasives.
  2. Tolérance zéro pour les professionnels de la route : Renforcement des contrôles et instauration de peines d’interdiction définitive d’exercer le métier de chauffeur routier en cas d’infraction grave liée à l’usage d’écrans en conduite.
  3. Évolution législative et technique : Interdiction stricte et contrôle de l’installation de dispositifs permettant le visionnage de flux vidéo à portée de vue du conducteur dans les véhicules professionnels.

Protéger ceux qui nous protègent

Les gendarmes, policiers, pompiers et patrouilleurs autoroutiers interviennent jour et nuit pour assurer la sécurité de tous. Ils ne peuvent continuer à payer de leur vie l’irresponsabilité de conducteurs déconnectés de la route par leurs écrans.

L’UNPRG réaffirme son soutien le plus total à la famille de l’adjudant Jean-Christophe, à ses camarades blessés dans leur chair, et promet de poursuivre son combat auprès des décideurs politiques pour que de telles tragédies ne se reproduisent.