Éloge funèbre lors des obsèques de Jean-Jacques Griet – UD 32

C’est avec une grande émotion et une profonde humilité, que je m’adresse à vous en qualité de

président de l’union départementale des personnels et retraités de la Gendarmerie du Gers, dont Jean-Jacques était un fidèle adhérent. Mais pas seulement, car un ami est parti.

Discret, tranquille, Jean Jacques ne voulait surtout pas déranger et se contentait de son quotidien, sans jamais se plaindre. Même dans la souffrance, toujours conscient de son destin, il attendait le signe de son départ dans une lucidité qui interpelle et nous oblige.

Je salue les retraités de la Gendarmerie, ses camarades d’arme, les représentants des ordres

nationaux, les portes drapeaux, gardiens de la mémoire et messagers de notre histoire, ainsi que le

commandant et les gendarmes de la communauté de brigades de Condom. Vous démontrez ainsi combien compte et guide l’héritage que chacun a reçu de ses aînés.

Salut à vous, ses camarades d’active accompagnés de vos épouses, dont certains ont traversé le

pays pour témoigner et rendre hommage aux qualité humaines de notre ami.

Merci Sandrine de me faire l’honneur, de retracer la vie gendarmique de notre camarade Jean-Jacques, les moments fondateurs, sa retraite simple et conviviale, qui méritent assurément beaucoup de bienveillance de notre part.

Né le 21 mars 1946 à Condom, Jean-Jacques effectue son service militaire du 01 mars 1966 au 01

juillet 1967, au 301éme groupe d’artillerie, stationné en Allemagne.

Après une période de 10 ans dans la vie civile, où il se perfectionne dans la mécanique, il contracte un engagement dans la Gendarmerie le 01 juin 1977. A l’issue de sa formation à l’école de Montluçon, il est affecté au 1er groupement blindé de la Gendarmerie mobile de Versailles-Satory, puis à l’escadron de commandement et de soutien. En 1980, il rejoint naturellement le service dépannage et réparation des blindés où ses qualités intrinsèques sont remarquées et légitimement récompensées par ses supérieurs. Cependant, en 1999, dans une période très difficile de sa vie, il effectue une exceptionnelle reconversion dans la sellerie-bourrellerie, domaine ingénieux et méticuleux dans lequel il excelle. Le 22 mars 2001, gendarme à l’échelon exceptionnel, après 25 années de service, il est placé en position de retraite et se retire dans sa ville natale de Condom.

Décoré de la médaille d’or de la défense nationale, lui est décernée en 2001 la Médaille militaire,

prestigieuse décoration dépourvue de grade, brevet de noblesse des soldats, suprême récompense

valorisant ses états de service.

Aujourd’hui, ta fille Sandrine, ta petite fille Émilie, ta famille, tes amis et tes camarades sont orphelins du personnage que tu étais. Il y a quelque chose de plus fort que la mort disait Jean d’Ormesson, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants.

La Gendarmerie a marqué ta vie jusqu’à guider la destinée de tes descendants.

L’uniforme que je porte pour te rendre honneur était le tien, symbole de discipline, d’engagement et

de patriotisme qui raconte l’histoire d’une nation, une épopée de courage, de sacrifice dans une

tradition militaire inébranlable.

Par ta façon d’être, ton rapport aux autres et ta conception de l’existence faite de sagesse et de

respect, tu laisses un grand vide.

Jean Jacques, notre camarade, notre ami, tu es parti rejoindre ton épouse Élisabeth, partie beaucoup

trop tôt.

Repose en paix, auprès de Sainte-Geneviève, notre patronne, d’où tu nous regarderas avec affection et beaucoup de compassion.

Michel Higoa