J’étais loin d’imaginer d’être un jour amené à devoir prendre la parole pour dire au revoir à l’un de mes
administrateurs en exercice, un ami avant tout.


La mission dont je suis chargé en ces douloureuses circonstances est d’une difficulté certaine. Les mots peuvent
paraître bien faibles face à ce que nous ressentons tous ici et c’est sans doute l’une des choses les plus émotionnellement
embarrassante que je n’ai jamais eu à faire depuis 2018 où je prononce des éloges funèbres.
Tout d’abord, au-delà de l’émotion, c’est empreint d’un profond respect et d’une grande humilité, que je m’adresse à
vous en qualité de président de l’union départementale des personnels d’active et des retraités de la gendarmerie de l’Aisne dont Jean-Michel était un fidèle adhérent, un administrateur sérieux, un délégué du secteur dévoué, un fervent porte-drapeau du centre du département et un photographe hors pair de nos événements ; le dernier en date, celui du 31 août 2025 pour le centenaire de notre doyenne dans un lieu qui lui était cher, l’escadron de Gendarmerie Mobile de Chauny où il a servi notre institution pendant deux décennies.
Je salue respectueusement l’ensemble des personnes présentes venues rendre un dernier hommage à Jean-Michel, les
élus, présidents des associations patriotiques, anciens combattants, médaillés militaires, retraités de la gendarmerie, porte-drapeaux, notamment à ceux de notre Union Départementale, Jean-Joseph, Jean-François et Bernard en tenue de gendarme qui a l’honneur de porter le drapeau confié à Jean-Michel depuis 2018.
Jean-Michel avait tenu à porter une dernière fois son drapeau le 19 juillet 2025 à Saint-Aubin, malgré la maladie
prégnante lors des obsèques de notre camarade et ancien administrateur Michel Closier.
Je n’oublie pas les représentants de la gendarmerie d’active. Par votre présence vous témoignez combien compte et
guide l’héritage que chacun reçoit de ses aînés.
Comme nous, la famille de Jean-Michel est sensible à votre participation signe de reconnaissance de notre belle
institution envers celui qui l’a servie et lui a consacré une partie conséquente de sa vie.
Très cher Jean-Michel, mon ami,
Avec tout le respect que je te dois, comme je viens de l’évoquer, outre la difficile épreuve qui m’incombe pour cet
hommage qui t’est dû mais auquel je tenais tout particulièrement, je me devais d’évoquer ton dévouement à nos côtés depuis de
nombreuses années pour la gestion et l’administration de notre Union Départementale de l’ UNPRG.
Nous avons eu le plaisir de faire connaissance en avril 2018, lors de la première assemblée générale à laquelle
j’assistais comme simple adhérent. Je m’en souviens encore comme si c’était hier. Tu t’es présenté en me disant être retraité de l’Arme mais surtout «un pur Moblo». Je t’ai donc répondu que j’étais pour ce qui me concerne un «vrai Criquet». Si la légende laisse entendre une certaine rivalité amicale entre les gendarmes mobiles et les gendarmes départementaux, pour nous cet antagonisme infondé a provoqué une émulation. Au lieu d’y voir une compétition, c’est une saine stimulation qui s’est produite. Nous avons allié nos différences pour en faire une force. Nous nous sommes très bien entendus et c’était un plaisir de t’avoir à mes côtés pour le fonctionnement de notre structure départementale. Ensemble nous avons fait de belles choses pour nos adhérents et tu peux en être fier. Ta participation active est reconnue par tes pairs comme ta gentillesse et ta bonne humeur communicative. Même si parfois nous avons eu des divergences sur des décisions à prendre, j’appréciais tes arguments motivés à leur juste valeur, toujours pleins de bon sens et une fois la décision prise, nous avancions ensemble pour le bien fondé de notre association, de nos adhérents pour lesquels nous sommes dévoués sans limite.
Nous sommes devenus amis et avons partagé de très bons moments en voyageant ensemble, en participant à vos
noces d’or, en vous accompagnant pour ces dernières années où tu as dû lutter au quotidien contre la maladie. Cela ne t’empêchait pas de plaisanter, la dernière tu nous l’as faite le lundi 9 mars quand nous sommes venus avec Christian le trésorier et Philippe le secrétaire-adjoint te rendre visite à l’hôpital de Laon. Nous étions loin de penser qu’il s’agissait d’une dernière rencontre.
D’un abord réservé, mais de nature taquine, doté d’un caractère affirmé, tu étais en réalité un homme au grand coeur.
Je me souviens des préparations de salles avant nos assemblées générales à Crécy, à Gizy, à Laon où tu nous apportais une aide cruciale en m’offrant même le gîte et le couvert. Malgré tes traitements lourds, tu voulais toujours nous aider, être avec nous, comme le 18 décembre où tu es passé nous voir à la réunion de notre conseil d’administration avant un rendez-vous médical rémois important.
Jardinier émérite tu nous donnais le fruit de tes productions en nous démontrant tes talents indiscutables dans le
domaine de la culture, mais tu étais surtout un homme dévoué à la cause patriotique.
Adhérent à l’union nationale des personnels d’active et des retraités de la gendarmerie depuis 2012, soit depuis 14
ans, ton engagement et ta fidélité ont été récompensés par l’attribution de la médaille de l’UNPRG avec étoile de bronze en 2019.
Tu as également assuré les fonctions de trésorier aux anciens combattants et prisonniers de guerre à la section de
Crécy sur Serre de 2010 à 2016 puis auprès de ceux du canton de cette localité depuis 10 ans. A cette occasion, tu as été à l’origine de l’organisation et du suivi de nombreux voyages.
Ton engagement associatif ne s’est pas arrêté là puisque tu as également porté le drapeau de ces associations depuis
2010 puis celui de notre union départementale à compter de 2018.
Je n’oublie pas toutes les cérémonies auxquelles tu as participé pendant 16 ans. Je t’adresse de profonds remerciements en reconnaissance de cet engagement particulier notamment depuis 2018 car notre drapeau est la vitrine de l’UNPRG
auprès de tous les élus, parlementaires et autorités administratives participants aux hommages en tous genres dans le cadre du devoir de mémoire dû à nos aînés qui se sont sacrifiés pour la France nous permettant ainsi de vivre en paix.
Être porte-drapeau c’est garder en son coeur le respect absolu de nos trois couleurs, c’est le symbole de bonheur et
d’espérance.
Pour avoir porté notre emblème national un premier diplôme d’honneur de porte-drapeaux t’a été délivré en 2014
pour 3 ans de fonction puis un second avec la médaille des 10 ans remise le 16 septembre 2023 à Gizy, par le colonel Stéphane Aurousseau, commandant le groupement de gendarmerie départementale de l’Aisne lors de notre assemblée générale annuelle. Le colonel s’est excusé de ne pas pouvoir être présent aujourd’hui en raison de son emploi du temps contraint mais il a chargé un officier du groupement de le représenter. Nous le remercions chaleureusement.
Ton dévouement est donc conséquent et particulièrement à souligner car, après tes trois ans d’Armée dans le Génie et
tes 30 ans passés à servir notre institution, tu as bénévolement assuré des fonctions très prenantes, en étant administrateur et délégué du secteur de Laon à l’union départementale de l’Aisne de l’UNPRG. Tout cela a pris énormément de ton temps mais également celui de ton épouse en impactant assurément votre vie familiale sans contrepartie car le bénévolat n’est pas payé. D’ailleurs, ce n’est pas parce qu’il ne vaut rien mais tout simplement parce qu’il n’a pas de prix.
Peu de personnes, en dehors de celles qui le vivent, peuvent réellement se rendre compte de l’ampleur de cet
investissement quotidien consacré aux autres. Tu n’as jamais failli à la tâche, ni démérité en acceptant d’assumer ces diverses fonctions. C’est donc tout à ton honneur. C’est grâce à des hommes dévoués comme toi que la cohésion au sein de la grande famille de la gendarmerie entre les actifs, les retraités, les veufs, veuves et orphelins perdure dans le temps, et ce malgré le changement sociétal important de ces dernières décennies.
Né le 31 décembre 1951 à Laon dans une famille de deux enfants avec des parents employés en milieu agricole, toi
l’aîné, tu as suivi une formation de serrurier. En 1969, à l’âge de 18 ans, tu décides de t’engager dans l’ Armée. C’est au 9ème Régiment du Génie à Angers (Maine & Loire) que tu feras tes classes avant de rejoindre le 2ème régiment de cette Arme. Au terme de ces trois années militaires, Caporal-chef, tu décideras de retourner à la vie civile et tu tenteras d’exercer à la poste sans grande conviction.
En 1972, tu rencontreras Anne-Marie dans un bal et le 7 avril 1973 vous convolerez en justes noces Elle est enseignante et exerce sa profession localement mais cela ne t’empêche pas de prendre la décision en 1974 de rejoindre la
Gendarmerie. Elle s’adaptera à ton changement de métier.
C’est à l’école de Fontainebleau que tu seras formé comme gendarme avant de rejoindre l’escadron de gendarmerie
mobile de Besançon (Doubs). Contre mauvaise fortune bon coeur, Anne-Marie te suivra en Franche-Comté où vous resterez jusqu’à ce que le mal du pays axonais vous oblige à y revenir.
C’est en 1978 que vous rejoindrez Saint-Quentin où tu seras affecté à l’escadron de gendarmerie mobile.
L’avancement t’obligera ensuite à rejoindre celui de Chauny où vous y resterez pendant 20 ans jusqu’à la fin de ta carrière qui se terminera en 2004 avec le grade d’adjudant-chef après avoir voyagé avec ces trois unités à plusieurs reprises à Djibouti, en Corse, en
Nouvelle-Calédonie et en Guyane avant d’assumer en 2000 la responsabilité du car exposition de la gendarmerie nationale.
A la retraite, vous résiderez dans un premier temps à Crécy sur Serre jusqu’au décès de la maman d’Anne-Marie où
en 2022 vous reprendrez possession de la maison que vous aviez fait construire pour ses parents à Mortiers.
Titulaire de la médaille militaire, de la médaille d’or de la défense nationale avec agrafe «Gendarmerie Nationale»
tes mérites sont reconnus à leur juste valeur. Le président des médaillés militaires de la 492ème section d’Hirson et du Pays de Thiérache, à laquelle tu appartiens, ici présent, ne me contredira pas.
Ta vie a été bien remplie. Vous avez vécu de belles choses, ton mariage avec Anne-Marie pendant 53 ans, la
naissance de vos deux enfants Sylvaine en 1973 et Alain en 1977, pour terminer par celle de votre petite fille Lou en 2003, sans oublier ces voyages à l’étranger que vous aimiez tant.
En revanche, cette vie a également été traversée de difficiles épreuves familiales mais c’est surtout celle de la
maladie qui te rongeait depuis plus de vingt ans, t’obligeant à restreindre parfois vos activités, vos loisirs et vos sorties pour connaître à de multiples reprises des séjours en milieu hospitalier dont le dernier, dans ta ville natale, 74 ans plus tard, te sera hélas fatal.
Aujourd’hui Anne-Marie, vos enfants, votre petite-fille et l’ensemble des membres de votre famille sont dans la
peine. Nous leur adressons en notre nom et à celui de l’ensemble des adhérents de l’Union Départementale de l’Aisne de l’ UNPRG toute notre sympathie et notre compassion, mais surtout nos très sincères condoléances.
Robert Cuypers, Président de l’Amicale des Personnels Retraités de la Gendarmerie et de la Police de Charleroi
(Belgique) association avec laquelle nous sommes jumelés s’associe pleinement à ces condoléances et m’a demandé de vous transmettre sa sympathie et sa compassion conjointement à celles de l’ensemble des membres de l’ APRGP qu’il représente.
Une dernière fois, Jean-Michel, je tiens à te remercier pour ton aide à notre association qui aura été marquante en
tous points. Je t’en suis une fois encore profondément reconnaissant. Tu as marqué de façon indélébile ton passage à l’ UNPRG 02.
Nos camarades ici présents et ceux empêchés sont unanimes pour te dire un grand MERCI Jean-Michel, toi l’homme généreux au grand coeur. Je m’y associe bien entendu et même si je l’ai fait à de multiples reprises, je me devais de le dire publiquement aujourd’hui devant tous tes amis et ta famille venus te témoigner leur affectation et soutenir ton épouse et vos enfants.
Jean-Michel, nous te disons au revoir. C’était un plaisir de t’avoir rencontré et d’avoir parcouru un bout de chemin
avec toi pour faire vivre notre belle association. Tu peux partir tranquille avec le sentiment du devoir accompli, l’union départementale de l’Aisne sera fidèle à ses engagements et ne faillira pas à sa tâche en continuant de s’occuper des tiens, s’ils en éprouvent le besoin.
Nous terminerons nos propos en te remerciant très sincèrement pour ta fidélité à notre association. Merci à toi pour ta véritable abnégation au service de notre belle institution qu’est la gendarmerie pour avoir servi la République en assurant la sécurité de notre pays et, par conséquent, celle de tous les Français.
Jean-Michel, nous te souhaitons de retrouver ceux du ciel, en particulier tous ceux que tu as aimés et nous te prions
de continuer à veiller sur les tiens ici présents.
Le «Criquet» dit un dernier au revoir au «Moblo»
Adieu mon ami, repose en paix. Patrice Van Lancker