C’est empreint d’une grande émotion et une profonde humilité, que je m’adresse à vous en qualité de président de l’union départementale des personnels et retraités de la gendarmerie du Gers. Mais pas seulement, car Michel était un ami. Nous nous sommes rencontrés en 1980, à la gendarmerie mobile de Bouliac et nos routes se sont croisées sans jamais s’éloigner et notamment lorsque je servais à Condom et plus encore depuis ma retraite.

Je salue les retraités de la gendarmerie, ses camarades d’arme, les présidents et représentants des ordres nationaux et du souvenir français, les présidents et anciens présidents des UD, les portes drapeaux, gardiens de la mémoire et messagers de notre histoire, ainsi que les commandants et les gendarmes de la communauté des brigades de Condom et d’Eauze.

Vous démontrez ainsi combien compte et guide l’héritage que chacun a reçu de ses ainés.

Les témoignages ont été nombreux et notamment de celles et ceux qui pour des raisons médicales ne peuvent être présents, dans cet accompagnement.

Merci Annette de me faire l’honneur, de retracer les vies gendarmique et associatives de notre camarade Michel, les moments fondateurs en partie évoqués précédemment, dans un engagement permanent construit sur la volonté d’être utile et nécessaire, mérite assurément beaucoup de bienveillance de notre part.

A 17 ans, Michel quitte son Auvergne natale et s’engage dans la marine, comme matelot mécanicien, pendant 4 ans.

Le 08 avril 1969, fort de ses compétences en mécanique, il intègre l’école préparatoire de la gendarmerie de Châtellerault pendant 6 mois. Affecté à la gendarmerie mobile de Mirande 32, jusqu’à mai 1978, il rejoint Bouliac 33. Nommé Maréchal des Logis Chef, en 1984, il est affecté au groupement de gendarmerie d’AGEN. Le 01/01/1989, nommé adjudant, il est muté au groupement de gendarmerie de Mont De Marsan, chef du service automobile, spécialiste AEB.

Le 15 janvier 1998, comptant 33 ans et 3 mois de service actif, il prend sa retraite et se retire à CASTERA VERDUZAN, maintenant le lien avec la gendarmerie en prenant un engagement dans les réserves. Ses nombreux déplacements et différentes campagnes au cours de sa carrière lui permettront d’avoir la totalité des annuités.

Très consciencieux, agissant toujours dans l’intérêt du service, aux qualités professionnelles remarquables, collaborateur digne de confiance du commandement,

le 31 décembre 1998, lui est décernée la médaille militaire, prestigieuse décoration dépourvue de grade, brevet de noblesse des soldats, suprême récompense valorisant ses états de service. Il est également titulaire de la médaille d’or de la défense nationale et des brevets de spécialiste.

Après vingt ans d’engagement au sein de l’UDPRG, dont 10 comme président départemental, pendant quatre années administrateur et secrétaire général national, Michel se retire de la direction de l’association en 2019, pour raisons médicales.

Il poursuivra encore de nombreuses années ses activités, notamment dans les associations patriotiques (médaillés militaires, CNG, souvenir français, ONAC VG pour citer les principales) malgré les souffrances et les traitements liés à la maladie, démontrant une très grande résilience.

Et comment ne pas saluer le courage de son épouse Annette, elle-même grandement investie dans l’associatif, dont le soutien et la présence, au quotidien, à ses côtés ont été remarquables et tellement indispensables pendant toutes ces années.

Aujourd’hui, ton épouse Annette, tes enfants, tes petits-enfants, ton arrière-petit-fils, ta famille, tes amis et tes camarades sont orphelins du personnage que tu étais.

Un altruiste, porteur d’un puissant besoin d’aider les autres, animé d’une écoute impressionnante, consacrant beaucoup de temps et d’énergie. Une personnalité bienveillante, généreuse, empathique, donnant sans compter jusqu’à l’épuisement, parfois mal reconnue ou récompensée, au risque d’oublier ses propres besoins et de rompre l’équilibre familial. À titre personnel, cette présence dans l’adversité, mon épouse et moi-même nous ne l’oublierons jamais.

Il y a quelque chose de plus fort que la mort disait Jean d’Ormesson, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants.

La gendarmerie a marqué ta vie jusqu’à guider la destinée de tes descendants et tu t’es battu, fort de tes convictions, pour que l’Institution reste solidaire.

L’uniforme que je porte pour te rendre honneur était le tien, symbole de discipline, d’engagement et de patriotisme qui raconte l’histoire d’une nation, une épopée de courage, de sacrifice dans une tradition militaire inébranlable.

Michel, notre camarade, notre ami, repose en paix, auprès de Sainte Geneviève, notre Patronne, d’où tu nous regarderas avec affection et beaucoup de compassion.

Michel Higoa