C’est empreint d’un profond respect et d’une grande humilité, que je m’adresse à vous en qualité de président de l’union départementale des personnels et retraités de la gendarmerie du Gers, dont Gaëtan était un fidèle adhérent.

Je salue les présidents des associations d’anciens combattants, des ordres nationaux (MM et ONM) et des amis de la Gendarmerie, les retraités de la Gendarmerie, ses camarades d’arme, les portes drapeaux, gardiens de la mémoire et messagers de notre histoire, ainsi que le commandant de la compagnie de Gendarmerie d’Auch. Vous témoignez ainsi combien compte et guide l’héritage que chacun a reçu de ses aînés.

La vie militaire et gendarmique de notre camarade Gaétan Castelli, rythmée par les mutations et des moments fondateurs, jusqu’à sa retraite, méritent assurément beaucoup de bienveillance de notre part.

En évoquant la vie de Gaëtan avec ses fils, j’ai ressenti beaucoup de compassion et de fierté envers ce père, gendarme dans l’âme, rigoureux, dévoué, donnant de sa personne sans compter, humain et sportif.

Né le 4 avril 1933 à Tunis, Gaëtan effectue son service militaire au 1er régiment du train de Bitche (57) en 1953 et 1954. Il incorpore la Gendarmerie le 2 novembre 1958 et effectue sa formation à l’école de Gendarmerie d’Oued Sarno, prés de Sidi Bel Abbes.

De retour en métropole, il est affecté à la brigade territoriale de Saint-Avold (57) où il obtient le diplôme d’Officier de Police Judiciaire. Promu maréchal des logis chef en 1966, il prend en 1968 le commandant de la brigade territoriale de Zimming (57). Promu adjudant en 1971, il prend la tête de la brigade de recherches de Forbach (57) en 1972. Adjudant-chef en 1977, il rejoint la compagnie de Thionville (57) exerçant la fonction de commandant en second. Major en 1984, il prend sa retraite le 5 avril 1988 en Moselle puis emménagera avec son épouse dans le Gers, à Auch en 2014.

Mais la vie trépidante du gendarme, son rôle incontournable dans la société, la gestion de l’événement, l’incertitude du moment, le travail en équipe, les moments de convivialité sont le quotidien du gendarme de son époque qui lui manque. En 1988, fort de ses compétences en police judiciaire, il crée une agence privée de recherches, spécialisée dans les enquêtes incendies.

Pendant les 30 années de service, OPJ apprécié par les magistrats et plusieurs fois félicité pour ses résultats en matière judiciaire, décoré de la médaille d’or de la défense nationale, lui est décernée en 1977 la Médaille militaire, décoration prestigieuse dépourvue de grade, brevet de noblesse des soldats, suprême récompense valorisant ses états de service.

Ancien combattant, chevalier de l’ordre national du Mérite, il obtient la croix du combattant en 2006.

Aujourd’hui, tes enfants, tes petits-enfants, ta famille et tes amis sont orphelins du personnage que tu étais.

Il y a quelque chose de plus fort que la mort disait Jean d’Ormesson, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants.

La Gendarmerie était ta vie jusqu’aux derniers moments. L’uniforme que je porte pour te rendre hommage était le tien, symbole de discipline, d’engagement et de patriotisme qui raconte l’histoire d’une nation, une épopée de courage et de sacrifice. Les couleurs, les insignes, chaque détail porte en lui les traces d’un passé glorieux et d’une tradition militaire inébranlable.

Gaëtan, notre camarade, tu es parti rejoindre ton épouse décédée en 2017.

Repose en paix, auprès de Sainte Geneviève, notre Patronne, d’où tu nous regarderas avec affection.

Michel Higoa