Le 25 mars dernier, le Gouvernement a déposé au Sénat le projet de loi « RIPOST » (Réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens). Ce texte vise à renforcer les moyens juridiques et opérationnels des forces de sécurité confrontées à des formes de délinquance et de violences de plus en plus fréquentes sur l’ensemble du territoire.
L’actualité récente est venue illustrer avec brutalité les préoccupations qui ont conduit à l’élaboration de ce projet de loi.
Une nouvelle nuit de violences après la victoire du PSG
À la suite de la victoire du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des champions, des scènes de liesse populaire ont naturellement rassemblé des milliers de supporters dans la capitale et dans de nombreuses villes françaises. Mais, une fois encore, des groupes violents ont transformé une célébration sportive en une nuit d’affrontements, de dégradations et de violences urbaines.
Selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Intérieur, 780 personnes ont été interpellées à travers le pays. Les violences ont fait plus de 200 blessés et 57 policiers et gendarmes ont été touchés dans l’exercice de leur mission. Des commerces ont été pillés, des véhicules incendiés et des mortiers d’artifice utilisés contre les forces de l’ordre dans de nombreuses communes.
À Paris, les secteurs des Champs-Élysées, du Parc des Princes et plusieurs grands axes ont été le théâtre d’affrontements nécessitant l’intervention massive des forces de sécurité. Plus de 22 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés sur l’ensemble du territoire afin d’assurer la sécurité des rassemblements.
Une préoccupation constante pour les forces de sécurité
Pour les gendarmes comme pour les policiers, ces événements ne constituent malheureusement pas une surprise. Depuis plusieurs années, les rassemblements festifs, sportifs ou revendicatifs servent régulièrement de prétexte à des individus ou à des groupes organisés pour commettre des exactions, attaquer les symboles de l’État et s’en prendre directement aux forces chargées du maintien de l’ordre.
Rodéos urbains, tirs de mortiers, rave-parties illégales, occupations illicites de terrains, violences dans les stades ou usage détourné de produits dangereux mobilisent quotidiennement les unités engagées sur le terrain.
Ce que prévoit le projet de loi RIPOST
Le texte examiné au Parlement prévoit notamment de renforcer la lutte contre les rodéos urbains, d’encadrer plus strictement l’usage et la vente de produits pyrotechniques, de faciliter les contrôles et de permettre des réponses pénales plus rapides face aux atteintes graves à l’ordre public.
Le Gouvernement présente ce projet comme une réponse aux nouvelles formes de violences qui fragilisent la tranquillité publique et mettent sous tension les forces de sécurité intérieure.
Soutenir ceux qui protègent
Les événements survenus après la victoire du PSG rappellent une réalité que connaissent parfaitement les gendarmes : derrière chaque nuit de violences se trouvent des femmes et des hommes qui assurent la protection de nos concitoyens, parfois au péril de leur intégrité physique.
Alors que le débat parlementaire se poursuit, l’Union nationale des personnels et retraités de la gendarmerie suivra avec attention l’évolution de ce texte. Les militaires de la gendarmerie, d’active comme retraités, savent combien l’autorité de l’État et le respect des institutions constituent des piliers essentiels de notre pacte républicain.
Comme le rappelait le général de Gaulle :
« La véritable école du commandement est la culture générale. »
Cette culture de l’autorité, du sens du devoir et du respect des règles communes demeure aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Les violences observées dans plusieurs villes à l’occasion d’un événement sportif populaire démontrent que la sécurité n’est jamais acquise et qu’elle exige, en permanence, l’engagement des forces de l’ordre, le soutien de la Nation et une réponse ferme de l’État face à ceux qui choisissent la violence plutôt que la citoyenneté.
Jean-Francois Stephan.
Chroniqueur pour La Voix du Gendarme et site UNPRG.FR