Le 08 mai 2026 au château de Chaumont, la croix de chevalier de la Légion d’honneur a été remise par le Colonel (h) Gérard Farré-Ségarra (adhérent à l’UD89) à André Brosseron, ancien garde républicain au passé peu commun.
Engagé à 19 ans chez les parachutistes de l’infanterie de marine il est envoyé en Algérie où en mars 1960 il est blessé tandis que son lieutenant est tué à ses côtés. Son courage dans l’action lui vaut d’être décoré de la valeur militaire avec citation à l’ordre de la brigade.
En 1963 il troque le béret rouge contre le képi de gendarme et entame une carrière à l’escadron motocycliste de la garde républicaine. Il sera, en 1969 et 1970, détaché au cabinet particulier du général De Gaulle et assurera de nombreuses liaisons entre La Boisserie et Paris. Il transportera, notamment, les épreuves manuscrites des « Mémoires d’espoir » qu’il est chargé de remettre à Elisabeth de Boissieu la fille du général. Cette mission prend fin en novembre 1970 au décès du chef de la France Libre.
André Brosseron servira ensuite pendant huit ans, comme chef du pool motocycliste, au cabinet du ministre de la Défense où il sera notamment chargé de la liaison des codes nucléaires, ce qui lui vaudra une lettre de félicitations de Charles Hernu qui le décrit comme un sous-officier de choix à la rigueur morale irréprochable.
En 1984 il quitte la Gendarmerie pour entrer au service de sécurité de la Banque de France. Il en partira en 2000 pour une retraite bien méritée mais très active.
En effet il sera pendant 22 ans président du Club des Aînés ruraux de Chaumont, mais aussi secrétaire adjoint au sein des Médaillés Militaires du sénonais. Son sens de l’intérêt général en fait également un donneur de sang très assidu.
C’est pour ce parcours d’exception, pour ce mélange de bravoure militaire et d’intégrité républicaine, déjà reconnu par la médaille militaire concédée en 1980, qu’il s’est vu accorder la croix de chevalier de la Légion d’honneur par décret présidentiel du 10 novembre 2025.
De nombreuses personnalités assistaient à cette remise de la Légion d’honneur dont le député Julien Odoul, le sénateur Jean-Baptiste Lemoyne, le président du conseil départemental Grégory Dorte, la maire de Chaumont, Catherine Devinat, le colonel Nicolas Nanni, commandant du groupement de gendarmerie départementale de l’Yonne, mais également beaucoup de présidents d’associations et notamment Anne-Marie Auboiron présidente du comité de Sens-Joigny de la société des membres de la Légion d’honneur, accompagnée de son vice-président Pierre Vajda et de Roger Lecot porte-drapeau du comité ainsi que Jean-Louis Reynaert, ancien président de l’UD89, représentant jean-Luc Warie le tout nouveau président de l’UD89.
Très ému André Brosseron a salué les autorités et l’assistance et a répondu au discours du Colonel (h) Gérard Farré-Ségarra, en retraçant les grandes lignes de sa carrière militaire et de sa vie, ce qui lui a valu d’être chaleureusement applaudi et félicité.
Le sénateur Lemoyne et le député Odoul lui ont remis, tour à tour, le premier la médaille du sénat, le second celle de l’assemblée nationale.
Et comme Chaumont bénéficiait d’un ciel méditerranéen et d’un soleil qui ne l’était pas moins, les participants ont été invités, sur la terrasse du château, à partager le verre de l’amitié devant un buffet particulièrement copieux et délicieux.
Parfois la vie est belle, et elle l’était aujourd’hui pour André Brosseron et pour celles et ceux qui l’entouraient.
Assister à la mise à l’honneur d’un homme qui par ses actes, son courage, sa constance, son dévouement, a incarné pendant des décennies, et avec une exigence rare, les valeurs de notre République n’est pas si fréquent.
Merci André pour l’exemple que vous donnez !
Gérard Farré-Ségarra, adhérent de l’UD89.