Réuni à l’École militaire du 17 au 21 novembre 2025, le conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM) a tenu sa session 115-3 dans un contexte marqué par de nombreuses réformes et des préoccupations concrètes touchant directement les militaires, dont les gendarmes.
La session s’est ouverte par une minute de silence en hommage au sergent Jimmy Gosselin, décédé en service en Guyane.
- Des textes adoptés, avec vigilance
Le CSFM a rendu des avis favorables sur plusieurs textes réglementaires, notamment ceux relatifs aux statuts et grilles indiciaires du contrôle général des armées, ainsi qu’à la création d’un nouveau segment « santé » de la prime de compétences spécifiques.
Toutefois, le conseil regrette que cette prime reste forfaitaire, sans indexation ni mécanisme de réévaluation, une préoccupation récurrente dans un contexte inflationniste.
Les évolutions prévues pour la commission des recours des militaires ont également été accueillies favorablement, sous réserve qu’elles tiennent pleinement compte des contraintes opérationnelles, notamment lors des missions ou des indisponibilités temporaires des militaires.
- Logement, prévoyance, numérique : des difficultés persistantes
Les travaux du conseil ont mis en lumière plusieurs situations préoccupantes. En matière de logement, des rappels de charges importants et non expliqués, parfois supérieurs à 1 500 euros, ont été signalés, mettant en difficulté de nombreux foyers militaires.
La mise en œuvre de la protection sociale complémentaire (PSC – prévoyance) soulève également des interrogations. Le CSFM pointe un parcours d’adhésion complexe, susceptible de décourager les militaires, et alerte sur les risques de redondance avec des contrats déjà détenus.
Autre sujet sensible : l’accès au numérique. Malgré des statistiques globales jugées satisfaisantes, de nombreuses unités, notamment celles accueillant des jeunes recrues, souffrent d’une connectivité insuffisante, pénalisant l’accès aux démarches administratives et aux outils de formation. Des inquiétudes fortes pour les gendarmes.
Plusieurs dossiers ont suscité une vive inquiétude au sein du Conseil.
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 fait peser une menace sur le cumul emploi-pension, en particulier pour les militaires blessés ou invalides, remettant en cause une reconnaissance essentielle des services rendus à la Nation.
Le CSFM s’interroge également sur l’équité entre policiers et gendarmes, notamment en cas de revalorisation de la prime d’officier de police judiciaire (OPJ), et sur les dysfonctionnements persistants du site d’habillement Uniforces, qui peuvent avoir des conséquences directes sur la sécurité des personnels.
Une parole collective à préserver
À travers cette session, le CSFM rappelle son rôle central : porter la voix des militaires et défendre leurs conditions de vie et d’exercice. Les attentes sont fortes en matière de clarté, d’équité et de protection sociale, autant de sujets qui concernent pleinement les gendarmes d’active comme les retraités.
Jean-François Stéphan